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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.








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La gargouille ne meurt jamais aux Éditions Alan Sutton

Mercredi 24 Avril 2019

Émission Lire sous les pommiers, avec Culture Normande
Textes de la rédaction de Culture Normande, lus par Emmanuel Mauger


Voici un grand beau livre, dans un genre que l’on dit à tort mineur : le roman policier régionaliste. D’après l’auteur, il s’agit de son premier roman. Jérôme Chaïb n’est pas un écrivain – même s’il écrit bien, à l’ancienne, lorsqu’on apprenait ses humanités –, c’est un scientifique, un chercheur, un écologue, un naturaliste, un défenseur de l’environnement qu’il appréhende dans toutes ses dimensions, naturelles, patrimoniales, historiques, sociologiques, anthropologiques. Lorsqu’il dirigeait l’Agence régionale de l’environnement de (haute) Normandie, nous l’avions remarqué et admiré dans sa défense et promotion des mares, si typiques du paysage normand et tellement négligées par nos contemporains (ils s’en mordent les doigts aujourd’hui à cause de la fréquence des inondations et des coulées de boue dans les vallées des rivières et des fleuves côtiers du Pays de Caux). Bref, un personnage que, peut-être, on n’attendrait pas dans le genre du roman policier. Mais – et nous en parlons ailleurs dans ce numéro –, Jérôme Chaïb est en train de publier la grande œuvre de sa vie – on n’en est qu’au premier tome – à savoir une sorte d’encyclopédie sur notre fleuve royal, la Seine… Et ce n’est pas un hasard si, pour se délasser sans doute, Jérôme Chaïb a laissé son imagination s’exprimer en nous offrant un ouvrage dont le cadre est justement la Seine dans sa partie normande.
C’est son premier roman, avons-nous dit, et, certes, on relèvera des défauts, mais nous tenons à nous en expliquer : c’est un roman policier « régionaliste »… Non !, il serait plutôt « localiste », c’est-à-dire tellement pointu dans la description et l’énumération des lieux que les lecteurs non rouennais et non riverains de la vallée de la Seine trouveront superfétatoires certaines définitions de sites trop précises… Il n’en est rien cependant et l’auteur de ces lignes, qui est précisément un Rouennais de souche et un habitant des rives de la Seine, a véritablement nagé dans la félicité à l’évocation de tous les endroits familiers, rues, monuments, paysages décrits par l’auteur. C’est notre monde, le lieu de notre jeunesse que Jérôme Chaïb nous a dépeint et nous sommes en pays de connaissance. Cela plaira-t-il à un lecteur « horsain » ? Peu importe…
Ce livre a d’autres intérêts qui, là, peuvent satisfaire des curieux et des amateurs de légendes… On remarquera que nous ne parlons pas de l’intrigue policière : elle est classique et, pensons-nous, convenue. Nous ne sommes pas adeptes de l’ésotérisme… Ce qui nous a, à l’inverse, passionné, c’est la relation que l’auteur fait entre la légende de la Gargouille de Saint-Romain et le personnage mythique de Gargantua (qu’on ne peut réduire à sa représentation rabelaisienne). Jérôme Chaïb estime avec raison que le mythe de Gargantua est très antérieur au christianisme, voire à l’époque celtique, mais que, dans la vallée de la Seine – comme en bien d’autres endroits en France –, son culte est resté prégnant dans les mentalités et la mémoire des lieux. Et de citer tous ces sites qui rappellent cette divinité tutélaire, protectrice des voyageurs, des échanges (un peu comme le Dieu Mercure des Romains ?). En outre, ces sites – souvent des pierres levées, des rochers caractéristiques – servaient d’amers aux navigateurs en Seine. Et le spécialiste de la Seine qu’est Jérôme Chaïb de mettre en évidence ces points remarquables avec les difficultés de navigation en Seine, fleuve très difficile avant sa chenalisation contemporaine, la disparition de la plupart de ses îles, l’approfondissement de son cours.
La lecture de ce roman qui aurait pu n’être qu’un divertissement devient passionnante dans ce qu’elle nous apprend de la longue histoire du fleuve et des croyances et mentalités des populations vivant sur ses rives.

C’est un livre à lire avec attention, puis réflexion : il traduit le souci de l’auteur de nous faire comprendre la pluridisciplinarité qui aura été la règle de sa vie professionnelle. C’est aussi un hommage rendu à un fleuve, la Seine, cours d’eau trop méconnu, trop longtemps oublié dans sa complexité, la richesse du patrimoine de sa vallée et, qu’heureusement, on redécouvre aujourd’hui. Grâce à des auteurs comme Jérôme Chaïb.

Didier Patte

• Éditions Alan Sutton
: 6, place Jean Jaurès - 37 000 Tours

Culture Normande est une publication trimestrielle de l’Office de Documentation et d’Information de Normandie
87 rue de la République. F 76 940 La Mailleraye sur Seine - Tel. 0 984 482 207

Directrice de Publication : Michèle Le Flem
Rédacteur en Chef : Guillaume Lenoir
Secrétariat de Rédaction : Emma Davesne
Publicité et service de Presse : Edwige Leforestier & Geneviève Flament

ISSN 1281-1165
Dépôt légal à la parution
Ce numéro a été imprimé à 2 000 exemplaires

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Abonnement 4 n° : 30 €
Hors métropole : 45 €
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La Rédaction