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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.








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Edmond Dziembowski. La Guerre de Sept Ans.

Mercredi 22 Mai 2019

Émission Lire sous les pommiers, avec Culture Normande
Textes de la rédaction de Culture Normande, lus par Emmanuel Mauger


Ce fut pour moi une révélation : en fait, je ne savais pas grand-chose sur ce conflit – la première guerre mondiale, dit l’auteur –, dont on ne parle dans nos livres d’histoire que par le désastreux Traité de Paris où la France perdit le Canada et ses ambitions en Inde.
Quelques images sont parcimonieusement affichées : la bataille des Plaines d’Abraham qui précéda la prise de Québec par les Anglais, avec les morts simultanées de Montcalm, commandant les troupes franco-canadiennes, et de Wolfe, le chef de l’armée d’invasion anglo-américaine… On parle aussi quelquefois de ce pauvre Lally-Tollendal qui perdit l’Inde de Dupleix et sa vie à son retour en France… On évoque encore les défaites des armées françaises en Allemagne face aux troupes de Frédéric II de Prusse…
Les clichés ne font jamais de la bonne histoire où il faut comprendre le pourquoi du comment, les causes, les conséquences et, même, les péripéties de sept longues années de conflit.

L’auteur, un professeur d’histoire moderne de l’Université de Besançon, a lumineusement exposé un phénomène complexe, n’hésitant pas à entrer dans les détails, tout en ayant le souci d’éclairer le lecteur et d’évaluer de façon impartiale un épisode de la rivalité franco – anglaise dans les colonies et de la rivalité franco-autrichienne, d’une part, anglo-prussienne, d’autre part, en Europe continentale.
Il y avait deux trublions : Frédéric II de Prusse, qui voulait abattre l’influence autrichienne en Allemagne et Pitt, l’Anglais, qui voulait évincer la France de l’Amérique du Nord et de l’Inde.
Prussiens et Anglais furent les agresseurs. Français et Autrichiens voulaient le statu quo. L’une des causes profondes du conflit en Europe fut le renversement des alliances : Louis XV voulut se rapprocher de l’Autriche, jugeant que le vieux contentieux entre Bourbons et Habsbourgs n’avait que trop duré. Cela fut mal perçu en France qui avait – chez nos intellectuels – « les yeux de Chimène » pour Frédéric II, « prince éclairé » (en fait un autocrate)… La France, c’est le moins qu’on puisse dire, ne fut pas unanime en face des agressions prussienne et anglaise… Car les Anglais provoquèrent délibérément le conflit en Amérique du Nord.
Edmond Dziembowski ouvre sa remarquable étude par le conflit en Amérique du Nord (qui n’a rien à voir avec les affaires européennes, au début tout au moins).
Deux conceptions de la colonisation s’affrontent en Amérique du Nord. D’un côté, les Français – en petit nombre : quelques dizaines de milliers -, s’appuyant sur les Amérindiens, de l’autre, les Anglais des Treize Colonies – plus d’un million de colons -, méprisant les autochtones, mais soutenus financièrement par la métropole et les milieux d’affaires britanniques. La disproportion est évidente. Pourtant les premières années de l’affrontement tournent à l’avantage des Français, qui tiennent les forts de la Vallée de l’Ohio et qui reçoivent l’appui des tribus indiennes. Le problème, c’est que la Nouvelle – France ne reçoit pas d’aides – en argent et en hommes – du Royaume. Louis XV ne dispose pas d’une flotte suffisante pour défendre à la fois les côtes françaises, les Caraïbes, l’Océan Indien et la Nouvelle – France. C’est le talon d’Achille de Versailles : le Royaume de France n’a pas de véritable politique maritime. C’est une puissance continentale.
L’Autriche de l’Impératrice-Reine Marie Thérèse veut récupérer la Silésie que lui a fauchée Frédéric II. Et la France, entraînée par la nouvelle alliance autrichienne, intervient en Allemagne contre le Roi de Prusse et, surtout, le Roi d’Angleterre qui détient le Duché de Hanovre. La France parvient à constituer une coalition avec la Russie et l’Espagne. En Europe, la disproportion des forces est nettement en faveur des Franco-Autrichiens.
Mais les armées françaises sont plutôt mal commandées et, surtout, l’opinion publique sape le moral de la nation. L’œuvre de dénigrement des intellectuels atteint son but. En pleine guerre, on loue Frédéric II, on daube sur le Pacte de famille franco – autrichien, on loue les « libertés » anglaises et l’esprit « éclairé » du Roi de Prusse.
Malgré quelques succès initiaux (la prise de Minorque dont les Anglais voulaient faire un second Gibraltar), les revers s’enchaînent, notamment en Allemagne. Tous les protagonistes s’épuisent et Choiseul, en France, comprend qu’il faut rompre la spirale infernale… pour mieux préparer la revanche.
Le Traité de Paris, si désastreux qu’il paraisse (il l’est !), est en même temps une bombe explosive pour les Anglais : les colonies d’Amérique, vingt ans plus tard, vont s’émanciper… avec l’aide de la France. Décisive. Avec la flotte de Louis XVI et l’armée de Rochambeau.
Le livre de M. Dziembowski est passionnant.

Guillaume LENOIR

Editions Perrin : 12 Avenue d'Italie, 75013 Paris

Culture Normande est une publication trimestrielle de l’Office de Documentation et d’Information de Normandie
87 rue de la République. F 76 940 La Mailleraye sur Seine - Tel. 0 984 482 207

Directrice de Publication : Michèle Le Flem
Rédacteur en Chef : Guillaume Lenoir
Secrétariat de Rédaction : Emma Davesne
Publicité et service de Presse : Edwige Leforestier & Geneviève Flament

ISSN 1281-1165
Dépôt légal à la parution
Ce numéro a été imprimé à 2 000 exemplaires

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Abonnement 4 n° : 30 €
Hors métropole : 45 €
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La Rédaction