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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.







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Léo Lapointe. Sauvage Marquenterre.

Mercredi 15 Mai 2019

Émission Lire sous les pommiers, avec Culture Normande
Textes de la rédaction de Culture Normande, lus par Emmanuel Mauger


Une nouvelle enquête de Beauvillain en Baie de Somme

J’affirme – et je pèse mes mots – que c’est certainement l’un des meilleurs romans – policiers que j’ai lus depuis longtemps. Bien écrit, avec des descriptions des paysages très évocatrices de la Baie de Somme, l’un des endroits les mieux préservés du littoral, on comprend vite que l’auteur sait écrire et qu’il considère ce genre mineur de la littérarure comme une branche désormais essentielle de l’art littéraire. La Baie de Somme, j’y reviens, y est plus qu’un cadre environnemental, c’est une inspiration, une contribution au mystère de l’intrigue. Mais aussi un monde à part, hors du temps, avec des traditions rarement aussi bien décrites dans la peinture des personnages, des coureurs de grèves, des chasseurs au marais plus ou moins braconniers, des observateurs fanatiques de la faune ailée. La Baie de Somme est le paradis des oiseaux migrateurs, réserve ornithologique naturelle, c’est aussi le domaine du cochon sauvage, du sanglier qui, comme dans beaucoup d’endroits en France, prolifère, n’ayant pas de prédateurs pour les réguler. La Baie de Somme, c’est un genre de vie pour les natifs, dans leurs petites maisons isolées, isolés eux-mêmes car farouchement individualistes… Quant aux touristes… des gêneurs que l’on tolère (il faut bien vivre : ils apportent un complément de revenus pour les gargottiers du coin, les guides – nature). Il y a peu de vraies communications entre ces horsains et les gens du marais, exception faite de la maréchaussée, qui connaît bien son monde et ce terroir en particulier. Ce livre est un véritable plaidoyer pour la beauté des paysages et ses mystères et l’auteur met complètement le lecteur dans une ambiance insolite : s’agit-il d’un paysage maritime ? d’un paysage de marais ? d’un paysage forestier ? Une conjugaison de ces trois éléments avec des brumes et brouillards tenaces et vaporeux qui estompent les formes, un horizon enflammé le soir au coucher du soleil, sans compter les bruits d’une faune typique à peine troublée par une rare circulation sur les quelques routes, des chemins souvent, qui traversent la zone.
Le héros du roman est un adjudant de gendarmerie, très implanté, en charge d’une enquête difficile. Il va la mener pas à pas, avec des hésitations, des voies de garage et des avancées qui compliquent plus qu’elles n’expliquent. Ses méthodes ne sont pas toujours orthodoxes, il est souvent trop personnel, menant l’enquête avec des a – priori contestables. Il n’est pas un enquêteur froid, rigoureux, désincarné. L’explication ? L’adjudant Beauvillain est un amoureux de sa Baie de Somme et il serait volontiers écologiste de tempérament. C    ‘est pourquoi il « comprend » les réactions à la fois des gens du coin, enracinés dans leur terroir, et toute une faune d’amoureux de la nature, souvent dogmatiques et bornés comme le sont souvent les défenseurs de l’environnement. Tout cela conduit l’enquêteur à ménager d’éventuels suspects. Cependant le devoir le conduit à aller jusqu’au bout de sa recherche du ou des coupables, lui fussent-ils sympathiques…
Tout cela donne une dimension très humaine à l’intrigue, plutôt compliquée au premier abord, en fait relativement simple : on s’en aperçoit lors du dénouement.
Nous avons toujours dit notre attirance pour la Baie de Somme, prolongement évident de la Normandie : elle est un petit peu nôtre ! Nous sommes comblés et il faut considérer ce roman – policier régionaliste comme l’exemple même d’une lecture enracinée et identitaire.

Guillaume LENOIR

• Editions Ravet – Anceau :
B.P. 90 019 – 59651 Villeneuve d’Ascq CEDEX

• PS : la collection "Polars du Nord" a été reprise par la maison "AIRVEY éditions" qui édite également la collection Inven'Terre (7 bis, rue du bois  F 59144 ETH. Tél +33 (0) 6.03.97.37.01) dont le catalogue est ligne sur http//:www.airvey-editions.com.

Culture Normande est une publication trimestrielle de l’Office de Documentation et d’Information de Normandie
87 rue de la République. F 76 940 La Mailleraye sur Seine - Tel. 0 984 482 207

Directrice de Publication : Michèle Le Flem
Rédacteur en Chef : Guillaume Lenoir
Secrétariat de Rédaction : Emma Davesne
Publicité et service de Presse : Edwige Leforestier & Geneviève Flament

ISSN 1281-1165
Dépôt légal à la parution
Ce numéro a été imprimé à 2 000 exemplaires

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Abonnement 4 n° : 30 €
Hors métropole : 45 €
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La Rédaction