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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.







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Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Mardi 15 Octobre 2019

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du mois de septembre 2019


Ce mois de septembre 2019 restera dans les annales à cause de la catastrophe industrielle de l’usine LUBRIZOL de Rouen. Il est encore trop tôt pour évaluer les dégâts matériels de cet incendie et du nuage de fumées toxiques qui en est résulté… Plusieurs dizaines de communes de Seine-Maritime (Entre-Caux-et-Vexin & Pays de Bray) ont été contaminés par la suie gluante d’hydrocarbures consumés. L’on craint l’amiante et la dioxine. Les relevés qui seront faits dans les semaines à venir nous permettront de comprendre l’ampleur de cet accident technologique, dont on ne sait pas vraiment l’origine. Bien entendu, on va rechercher les responsabilités de ce sinistre et, sans doute, faudra-t-il estimer les indemnités dues à tous ceux qui se retrouvent victimes de l’événement. Au plan sanitaire d’abord, au plan matériel ensuite. On pense aux agriculteurs et aux éleveurs, aux commerçants de la ville de Rouen, aux salariés et sous-traitants de Lubrizol, mais il ne faut pas oublier le préjudice subi par la métropole rouennaise : c’est un désastre pour la notoriété de l’agglomération et ce sont des décennies d’efforts menés par les édiles locaux qui se trouvent annihilés. Pour longtemps ?


Cette crise a révélé d’autres aspects que les effets matériels de la catastrophe : nous en retiendrons deux (sachant qu’il y en a d’autres que, sans doute, nous aborderons le mois prochain, car, ne nous faisons pas d’illusions : il faudra des semaines, des mois, peut-être des années pour en connaître toutes les conséquences).


1. Une information tronquée

S’il faut apprécier à sa juste valeur l’information diffusée par les médias locaux : Paris-Normandie, Ouest-France, France Bleu pour la radio et France 3 Normandie pour la télévision – peut-être aussi les radios privées, mais reconnaissons que nous ne les avons pas écoutés, n’ayant pas le don d’ubiquité –, que dire des chaînes d’information en continu qui, dès l’annonce du décès d’un ancien Président de la République, ont relégué ou carrément tu le développement de l’accident technologique ? Quant à la presse nationale, il a fallu plusieurs jours pour qu’elle prît la mesure du drame industriel subi par la Normandie. À telle enseigne que même le Premier Ministre s’en est ému (il est vrai qu’en tant qu’élu de la Seine-Maritime, il pouvait se sentir plus concerné qu’un bo-bo parisien).

Ce n’est pas la première fois d’ailleurs que nous remarquons une certaine indifférence pour ce qu’il se passe en Normandie…


2. La communication calamiteuse des Autorités

Nous ne nous étendrons pas : la presse – maintenant – est cruelle pour la communication préfectorale d’abord, gouvernementale ensuite. Nous avons eu droit à cinq ministres (et ce n’est pas fini) dont les déclarations erratiques ne furent pas à la hauteur de la gravité de l’événement. L’état de sidération des édiles locaux n’excuse pas tout. Le Maire de Rouen, patron récent de la métropole, ne s’est pas distingué. C’est le moins qu’on puisse dire.

Le résultat de tout cela, c’est une inquiétude de la population, mêlée – selon les tempéraments – de résignation ou de rage. Sentiments qui, c’est à prévoir, seront durables et qu’il ne faut pas mépriser. Ils s’ajouteront à l’impression d’abandon éprouvée par une population normande de plus en plus consciente d’être écartée des préoccupations gouvernementales.

 

Il y aura lieu, aussi, de réfléchir sur la gouvernance des « territoires » (comme ils disent). Les institutions sont ce qu’elles sont, mais la pratique qui en est faite pose problème. Il faut des accidents, comme cet incendie de Lubrizol, afin de comprendre que les lois, décrets et règlements, mal ou peu appliqués car pris de trop loin, de trop haut, éloignés de la base, ne sont pas suffisants pour empêcher certaines dérives et ne permettent jamais d’assurer la protection des populations.

 

DÉFIS ENVIRONNEMENTAUX ET PROTECTION CIVILE

 

  • La catastrophe Lubrizol rappelle à tous les Normands que l’environnement n’est pas, plus que la Seine, un « long fleuve tranquille ». Pourquoi cette allusion à la Seine, épine dorsale de la Normandie ? Parce que notre apparemment fleuve tranquille peut connaître à tout instant l’une de ces crues centenaires – type 1910 – contre lesquelles il faut se prémunir. Beaucoup a été fait en amont, mais si les prévisions de remontée du niveau océaniques se vérifiaient, il faudrait bien considérer que toutes les installations des bords de Seine peuvent à un moment ou à un autre voir se produire des inondations dangereuses… Or, où se trouvent les unités de production Seveso ? Beaucoup en bord de Seine : l’épisode Lubrizol le montre : on a craint un déversement dans le fleuve des effluves toxiques mêlées à l’eau des pompiers. A-t-on tout prévu ? Que faut-il faire pour prévenir une telle éventualité dans les différents établissements Seveso ? Les collectivités locales et, au premier chef, la Région, doivent avoir leur mot à dire, sans pour autant remettre en question l’une des prérogatives régaliennes de l’État : la protection civile et sanitaire des habitants.
  • Se méfier de nos cours d’eau est l’une de nos préoccupations constantes. Certes, la Normandie n’est pas soumise au « risque cévenol », mais chacun sait – et les maires et présidents de communautés de communes en délibèrent, que les petites rivières du Pays de Caux, par exemple, sont soumises à des inondations aussi soudaines que dévastatrices au moindre orage.
  • Parmi les causes de ces phénomènes qui se répètent malgré de lourds investissements consentis, il y a l’artificialisation des sols et la disparition des haies (et des mares). Christian Huyghe, directeur scientifique de l’IRA, rappelle l’impact des haies sur l’environnement (rétention des eaux de ruissellement, piégeage des pesticides, protection contre les vents) – voir l’article de Ouest-France du 23 septembre.
  • On regrettera, au passage, la destruction du barrage de Vézins, dans le Sud Manche, qui régulait le débit de la Sélune, évitant des inondations de sa basse vallée… (à propos, grave scandale relevé dans la presse locale : pour la destruction de ce barrage, on a eu recours à une main-d'œuvre clandestine non déclarée…)
  • Pour en terminer avec nos rivières, plusieurs communes – par exemple Pont-Audemer – ont entrepris de nettoyer les rivières qui les traversent : ce sont plusieurs tonnes de déchets divers qui ont ainsi été retirés de la Risle… No comment !
  • Toujours en matière environnementale, notons que plusieurs maires (Epron, Val-de-Reuil…) ont pris des arrêtés anti pesticides qui ont été cassés par les Préfets.
  • En matière de protection sanitaire de nos populations, le non-lieu prononcé en juillet dernier dans l’affaire des salariés exposés à l’amiante de l’usine Ferodo – Valéo de Condé-sur-Noireau a suscité la consternation parmi les victimes – encore vivantes – (cf. Ouest-France du 17 juillet). Mais le combat n’est pas fini : le 17 septembre, un film a été projeté à Condé. Le réalisateur de ce documentaire intitulé « Amiante », Philippe Pichon, a redonné espoir aux 120 membres de l’ALDEVA (Association locale de défense des victimes de l’amiante). Un maire, Daniel Cattelain (de Caligny, dans l’Orne) raconte son long combat, victorieux, celui-là, contre une usine d’amiante de sa commune, tandis qu’à Cherbourg des employés de Naval Group, confrontés à l’amiante, continuent leur combat judiciaire…
  • Quand on constate les difficultés rencontrées par les victimes de l’amiante, on peut légitimement être inquiet quant aux perspectives d’indemnisation de la catastrophe Lubrizol.

 

LA PRÉGNANCE DES DÉFIS ÉNERGÉTIQUES

 

  • Les usines Lubrizol de Rouen et d’Oudalle (près du Havre) élaborent des additifs pour les carburants. La plupart des établissement Seveso de Normandie sont liés peu ou prou à la production énergétique. En tête, évidemment, les trois centrales nucléaires. Aussi, la presse relate souvent les problèmes qui touchent à l’énergie. Sous toutes ses formes, y compris l’acheminement de l’électricité. Sur ce dernier point, on parle peu des raccordements des éoliennes terrestres ou off-shore alors que l’arrivée du câble d’interconnexion normanno-britannique sur nos côtes suscite maintes polémiques. Le câble AQUIND (appellation non contrôlée…) va atterrir à Pourville et, de là, rejoindre un poste de conversion à Varneville – Bretteville (à 36 km). Nos journaux sont pleins de contestations diverses comme, il y a peu, cet autre câble d’interconnexion avec la Grande-Bretagne qui parvenait à Merville-Franceville provoquant des réticences de la part des locaux.
  • Nous ne dirons rien sur les surcoûts de l’E.P.R. de Flamanville – l’ardoise globale s’élèverait à 12 milliards d’euros… – et évoquons maintenant le projet de partenariat entre la Normandie et l’Île anglo-normande d’Aurigny pour une exploitation en commun par hydroliennes du puissant courant marin du Raz Blanchard.
  • La Normandie ne dédaigne pas les autres énergies renouvelables. Une centrale de bio-méthane vient d’être inaugurée à Saint-Léonard, près de Fécamp et un projet de méthanisation s’esquisse à la ferme du Moulin, à Bourneville, dans l’Eure, mais ce sont surtout les projets concernant l’hydrogène – énergie qui retiennent l’attention. On en est au stade de la concertation publique pour la construction d’une usine de production d’hydrogène, à Saint-Jean de Folleville (près de Lillebonne).
  • La Normandie est en passe de devenir la première région productrice d’énergie en France.

 

MOBILITÉS ET DÉPLACEMENTS

 

Mettons à part la perspective de la construction d’une nouvelle aérogare à Deauville – Normandie et revenons aux problèmes récurrents du ferroviaire en Normandie.

L’éventualité de la fermeture de certaines gares provoque toujours des débats passionnés, quelquefois peu fondés. Ainsi, la « rumeur » a couru que, sur la ligne Paris – Granville, on allait fermer la gare de Vire… Il n’en est rien. Alors « fake - news » ou menaces prémonitoires ? La question se pose et masque en grande partie l’augmentation de la fréquence des trains ou l’ajustement d’horaires plus appropriés… Les Normands ont été tellement déçus par les promesses non tenues de l’État et de la SNCF qu’ils récriminent souvent avant d’avoir mal. Cela étant, le ferroviaire fait l’objet d’une telle défiance de la part des usagers qu’il faut tenir compte de la colère rentrée des Normands devant le désastre d’un service qui fut autrefois plus proche des besoins du public.

 

À LA VEILLE DU BREXIT

 

La date fatidique se rapproche : 31 octobre, si l’on en croit Boris Johnson, Premier Ministre de Sa Majesté. Dur ? Souple ? C’est l’expectative. Certains – le ministre Darmanin – affiche un optimisme de circonstances, jouant même, à Ouistreham, au fanfaron : « La France est prête ». D’autres plus nombreux, expriment une certaine inquiétude : les pêcheurs d’abord qui craignent d’être exclus des eaux britanniques. Malgré la bonne entente entre la Normandie et les Îles de la Manche sur le partage des eaux territoriales, tout le monde craint sur le continent et dans les Îles que le Brexit sème la zizanie. Les Présidents des Conseils départementaux de la Manche et du Calvados, MM. Marc Lefèvre et Jean-Léonce Dupont, disent que le Brexit « pose question » et que « ce sera dur ». Hervé Morin, le Président de la Région, qui est en même temps président des Ports Normands Associés, déclare que nos ports se sont bien préparés, mais dénonce la prévisible paralysie des voies d’accès aux ports et des parcs de stationnement des camions en attente de passage : ce peut être, dit-il, « une thrombose absolue ».

Ceux qui, plus que bien d’autres, s’angoissent d’un Brexit dur, ce sont ces Britanniques installés en Normandie : les chiffres montrent que c’est un problème à prendre en considération. Il y a 3 285 Britanniques résidant dans la Manche, 1 517 dans l’Orne, 1 439 dans le Calvados, 1 242 dans la Seine-Maritime et l’Eure. Au total, c’est 7 483 sujets de Sa Majesté qui ont choisi la Normandie. Imagine-t-on un seul instant qu’ils partent ? N’auraient-ils comme solution que la naturalisation pour rester sur place ? Peut-on craindre une dégringolade de l’immobilier si des centaines d’Anglais qui ont investi dans des résidences – secondaires ou principales – étaient contraints de se replier dans la Grande Île ?

En attendant, les liens se resserrent entre la Région Normandie et les Îles anglo-normandes (qui n’ayant jamais intégré l’Union Européenne sont moins impactées par le Brexit, sauf pour la pêche).

 

MALGRÉ « L’AGRI-BASHING », LE SECTEUR AGRICOLE RESTE UNE VALEUR SÛRE ET APPRÉCIÉE EN NORMANDIE

 

Il n’y a rien de plus idiot que le dénigrement entretenu contre les agriculteurs sous la pression de milieux sectaires dogmatiques et superficiels. La Région Normandie, en tant que collectivité, à l’inverse, fait beaucoup pour le secteur agricole. Beaucoup plus que le défunt Conseil régional de Haute-Normandie qui cultivait l’agro-bashing comme un des beaux-arts…

L’agriculture normande réfléchit à son évolution si le réchauffement climatique se confirmait. Un article de La Manche Libre (28 septembre) aborde le sujet avec pertinence. À noter à propos que la viticulture refait son apparition en Normandie : alors, de grands crus normands pour bientôt ?

Puisque l’on parle des vendanges, ne négligeons pas la récolte des pommes qui s’annonce belle cette année et qui accompagne un vrai réveil de la filière cidricole. Il est temps : le cidre se faisait damer le pion par la bière, dont la Normandie est, paraît-il, la première consommatrice en France. Les brasseries artisanales se multiplient (il y en plus de soixante-dix !) : le match cidre – bière est lancé pour le plus grand bonheur des Normands.

 

Sujets de mécontentement :

  • Des zones sont privées d’aides européennes sans raisons définies dans la Suisse normande.
  • Querelle d’Allemands entre ruraux et néo-ruraux à propos, notamment, des bruits d’animaux (coqs, ânes, etc.).
  • Les éleveurs sont vent debout contre le Traité de libre-échange CETA. D’où des manifestations, particulièrement devant les permanences de parlementaires ayant voté en faveur de ce traité.
  • Des éleveurs refusent la création d’une super-ferme de 1 000 vaches dans l’Eure.
  • La guerre du Camembert reprend : nous en ferons certainement un dossier dans les jours à venir…

Parmi les bonnes nouvelles du secteur agricole

  • Bonne récolte céréalière en perspective… Le Port de Rouen s’en réjouit (cela console-t-il de la catastrophe de Lubrizol ?).
  • La coopérative normande AGRIAL s’offre deux usines dans d’autres régions et devient de plus en plus un poids lourd du secteur agro-alimentaire en France.
  • Les Maîtres laitiers du Cotentin se remettent de leur déconvenue en Chine où le groupe Synatra les ont plantés.
  • Isigny – Saint-Mère, à l’inverse, s’ouvre des perspectives en Chine.
  • Un industriel alsacien – qui mériterait d’être Normand et qui, de toute manière, rend service à la Normandie – entend travailler en son usine le lin normand (jusqu’alors expédié en Chine pour sa transformation).
  • Le Pin au Haras a – comme d’habitude – mis à l’honneur le cheval percheron. Nombre d’éleveurs étrangers s’intéressent à cette prestigieuse race normande de chevaux.
  • Une école pour futurs cavaliers s’est ouverte à Deauville sous l’égide de l’Académie Delaveau.

 

LA CHUTE DE LA DÉMOGRAPHIE NORMANDE A DES CONSÉQUENCES SUR LES EFFECTIFS SCOLAIRES

 

La perte de 7 500 habitants en Normandie lors de l’année 2018, véritable perte de substance et de dynamisme qui ne semble pas alarmer nos Élus, est un fait amoindri par l’allongement de la vie, mais marque une réalité bien cruelle : le départ de la Normandie de nombreux jeunes, plus ou moins diplômés, allant chercher ailleurs les débouchés professionnels qu’ils ne trouvent pas ici. Il est vrai que l’État ne fait rien pour freiner la centralisation vers les grandes métropoles, dont Paris évidemment. On attend en vain la décentralisation administrative vers les villes de la grande couronne (ce qui démontre, s’il en était besoin, que ceux qui ne voient dans la proximité parisienne qu’un avantage dont profiteraient les Normands et la Normandie se trompent ou trompent l’opinion publique normande). Le vieillissement de la population pourrait être la source d’un développement de la Silver Économie. S’en donne-t-on les moyens ?

 

La conséquence la plus tangible de la chute de la démographie se ressent dans la baisse des effectifs scolaires.

On compte 135 000 élèves dans les lycées normands… Mais, au total, ce sont 4 378 élèves en moins que l’on compte dans les collèges et les lycées normands :

  • En Ex-Académie de Caen : - 2 026 dans le 1erdegré et – 507 dans le second degré
  • En Ex-Académie de Rouen : - 1 300 élèves dans le 1erdegré et – 545 dans le second degré.

Et l’on s’étonne du nombre de fermetures de classes ! Imagine-t-on le désastre psychologique de la fermeture d’une école dans un village ? Les académies ont beau jongler avec les regroupements scolaires, on assiste à un exemple de désertification des territoires !

 

Restons dans le domaine de la formation initiale scolaire ou professionnelle :

  • Les I.U.T. de Caen, Alençon, Cherbourg se regroupent dans un grand I.U.T. Grand Ouest.
  • La Région encourage fortement la création d’un C.F.A numérique normand, à Mont-Saint-Aignan (C.F.A. Marcel Sauvage).
  • Enfin – mais ce n’est pas encore totalement finalisé – il y aurait une fusion des Universités de Caen et de Rouen en une Université de Normandie. On se demande pourquoi l’Université du Havre boude. Insondable péripétie de l’individualisme universitaire…

 

POLITIQUE RÉGIONALE ET ACTIONS DU CONSEIL RÉGIONAL

 

Une question taraude les milieux politiques régionaux : les Fonds européens – gérés par les Régions – reviendront-ils à une gestion de l’État ? Une polémique a retenu l’attention de la presse en septembre : la Cour des comptes a& dénoncé la gestion financière des fusions de Régions. Le Premier ministre, Édouard Philippe, devant l’Association des Régions de France, a fortement déçu ses interlocuteurs qui attendaient une nouvelle étape dans la politique de décentralisation.

Commentons.

L’État ne fait pas confiance aux Régions pour la gestion des Fonds européens. Comparons avec les pratiques observées dans les autres pays européens où l’utilisation des Fonds européens est minutieusement suivie par les exécutifs régionaux, avec des résultats bien meilleurs que chez nous. La seule question qui devrait se poser : le système français est-il plus efficace ? La réponse est sans appel : NON !

La Cour des comptes – ce n’est pas la première fois – est très critique en général sur les gestions financières des collectivités locales : elle s’appesantit aujourd’hui sur le coût des fusions. À notre avis, sans nuances : d’une part, les Régions qui n’ont pas fusionné en 2016 ont en matière de gestion des résultats comparables à ceux des nouvelles Régions : les dépenses de personnels sont trop élevées, d’autant qu’il faut toujours harmoniser par le haut les salaires et que les nouvelles prérogatives régionales ne sont pas souvent accompagnées par des dotations suffisantes ; d’autre part, il y a fusion et fusion (peut-on comparer la réunification de la Normandie avec la constitution des super-Régions Grand-Est ou Nouvelle Aquitaine ?). Enfin, la Cour des comptes semble oublier que les collectivités locales sont contrôlées par les Chambres régionales des comptes… Ce qui n’est vraiment pas le cas de l’État où les déficits de gestion s’envolent vers des sommets inquiétants.

Hervé Morin, en tant que Président de l’A.R.F., et les autres Présidents de Région ont fait paraître dans Le Figaro du 25 septembre une Tribune libre (Notre conviction face au rapport de la Cour des comptes : les Régions n’ont pas démérité), dont voici la conclusion :

« Nous attendons des gestes du gouvernement pour que, grâce à cette confiance retrouvée, grâce à la définition d’un nouveau partenariat de gouvernance et à des responsabilités  publiques clairement partagées, grâce à un État allégé mais plus performant, grâce à la baisse de son déficit et à la maîtrise de sa dette, nous puissions réussir la modernisation de notre pays et renouer la confiance entre le peuple et ses représentants ».

Édouard Philippe, à Bordeaux « a douché » les espoirs des Régions. Aucune annonce forte. Comme l’a commenté Alain Roussel, Président PS de la Nouvelle Aquitaine : « On sort d’une crise aiguë et par quoi y répond-on ? »… « On est très loin de nos attentes » assure en écho la Présidente de l’Occitanie. Hervé Morin, de son côté, réaffirme « La décentralisation répond à une demande sociale forte ».

 

Quant aux activités de la Région, énumérons ses multiples interventions :

  • Solidarités avec les villes martyres de la dernière guerre.
  • 1 000 agriculteurs accompagnés financièrement par la Région.
  • 40 millions d’euros débloqués pour l’Agglo de Fécamp.
  • Première pierre du Campus du futur à Bourg-Achard.
  • Création d’un nouveau B.T.S. à Vire.
  • Lancement d’une chaire « Normandie pour la Paix ».
  • La Normandie se dit prête pour les J .O. de 2024. Elle souhaite des J.O. scolaires en Normandie en 2022.
  • Les étudiants infirmiers ont été reçus à la Région.
  • Une agence PATRIMOINE(S) est en création

Dans deux longs entretiens avec Ouest-France et Paris-Normandie, Hervé Morin a dressé le bilan de son action à mi-mandat et exprimé son désir de continuer, avec de nouveaux projets, en réaffirmant son attachement à la Normandie

On attend avec impatience le livre qu’il va bientôt publier : « Je suis d’ici »… C’est tout un programme !


5 octobre 2019

 

                                                           GUILLAUME LENOIR

 


Guillaume LENOIR

avec l’aide de Geneviève FLAMENT, Thierry LANGLOIS,

Edwige LE FORESTIER et Emma DAVESNE

 

OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE

87, rue de la République

76940 La Mailleraye sur Seine

Commune nouvelle d’Arelaune en Seine


La Rédaction