Inscription à la newsletter


Publicité

Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.







Partager ce site

Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Vendredi 14 Juin 2019

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du mois de mai 2019


À l’évidence, l’événement le plus remarquable en ce mois de mai en Normandie est constitué par le résultat des élections européennes. Ce n’est pas – et c’est dommage – que le sujet de la Normandie et sa place en Europe ait été un thème de la campagne électorale, mais les bouleversements politiques qu’implique la nouvelle donne du scrutin vont avoir des répercussions sur les votes à venir concernant les élections municipales, départementales, régionales, sénatoriales, présidentielles et législatives (dans l’ordre).

 

Première question : la Normandie a-t-elle voté comme le reste de la France ? Apparemment oui, mais c’est assez trompeur car des analyses fines – que nous n’exposerons pas ici – montrent que les tendances nationales se sont retrouvées en Normandie accentuées.

Le Rassemblement National a fait des scores impressionnants, au-delà de ses performances nationales.

La liste gouvernementale LREM – MoDem – Agir – nouvelle venue – s’est imposée un peu partout en principale formation de… la Droite, dans la mesure où elle a récupéré des scories de la Droite, dite républicaine, qui regroupait les partisans de MM. Wauquiez et Morin.

Quant aux Verts, leur score les placent en tête des formations… de Gauche, si tant est qu’on puisse cataloguer de gauche les écologistes politiques. En tout cas, E.-E.-L.V. a profité de la dispersion déconfiturière des formations de gauche patentées, y compris celle du Parti Communiste dans son bastion de la Seine-Maritime. On ne peut plus parler du « système Fabius » qui, pour le Parti Socialiste, a longtemps dominé (d’aucuns disent « sévi ») en Normandie.

C’est donc une redistribution des cartes.

 

Seconde question : Qu’est-ce qui distingue la Normandie du reste de la France dans ce vote ? Nous l’avons dit : une accentuation de la tendance générale. On la retrouve dans la progression du vote contestataire (auquel il faut ajouter les abstentions), surtout de tendance Rassemblement National, dans le Pays de Caux par exemple, mais la poussée de ce type y est grande dans tout le rural et la périphérie des villes. On la note aussi dans les scores de la République en marche, dans l’Eure en général, dans les villes en particulier. On la perçoit dans l’effondrement des résultats des ex-partis dominants de la vie politique normande, les Républicains et les Socialistes, plus sensible en Normandie qu’ailleurs car ces formations y étaient plus profondément installées.

Il paraît évident, en outre, que l’action et la présence des ministres sur le terrain (on ne compte plus les visites ministérielles en Normandie : est-ce la proximité de Paris ou l’ambition à peine déguisée de se placer dans la Région ?) a entraîné une adhésion plus prononcée pour LREM dans les villes de l’Axe Seine…

Quoi qu’il en soit, lors des prochaines élections municipales – pour commencer – bien des villes pourraient passer sous la houlette macronienne… mais nous ne sommes pas devins !

 

PRÉOCCUPATIONS NORMANDES MAJEURES : L’ÉNERGIE, L’ENVIRONNEMENT, LES POLLUTIONS

 

Ces trois secteurs, qui touchent l’écologie, sont, bien que différents dans leurs approches, liés et font l’objet d’une foule d’articles dans la presse normande et nationale.

Au plan national, par exemple, l’éolien fait l’objet de controverses. « Éolien, clap de fin ? », titre un magazine hebdomadaire… « Plaintes des pêcheurs à Bruxelles pour l’éolien off-shore », lit-on dans un journal du littoral cauchois. Mais on apprend aussi que les E.T.I. (Entreprises de Taille Intermédiaire, faut-il préciser à ceux qui, comme nous, en ont marre des sigles) françaises font un tabac à l’étranger pour l’éolien et le solaire…

Le solaire, justement, apparaît plus avantageux pour les consommateurs que d’autres énergies renouvelables. Il est vrai que la Normandie se dote de centrales solaires (ce qui, avouons-le, nous surprend) et que de plus en plus de pavillons se dotent de panneaux solaires. Lesquels posent quand même problèmes : la prédominance chinoise sur le marché des panneaux photovoltaïques est un mauvais coup porté au commerce extérieur et qu’adviendra-t-il de ces panneaux lorsqu’ils seront vétustes ? On ne sait pas les recycler…

Notons un échec pour le solaire : la route chauffée au solaire à Tourouvre, inaugurée il y a quelques années par la ministre de l’Écologie du moment se révèle un fiasco. L’entreprise SNA qui la promouvait a mis la clef sous la porte.

La Normandie croit en l’hydrogène et la Région investit et commence à réaliser. On n’en parle pas assez, pourtant la Normandie est en pointe. Pourquoi la télévision, par exemple, cite l’Occitanie comme Région-pilote alors que la Normandie est notoirement en avance ?

En Normandie, on a des savoir-faire, mais peu de faire-savoir !

La Région (décidément sur tous les fronts) accorde des prêts et encourage et encourage la méthanisation dans l’agriculture. L’État aussi. C’est prometteur.

ORANO (ex AREVA) veut agrandir se zone de confinement des déchets radioactifs à La Hague… Il serait temps que le centre de Bures devînt opérationnel.

Enfin, on installe les câbles sous-marins entre la Grande-Bretagne et la Normandie qui permettront d’échanger le courant (Brexit ou pas Brexit).

 

En ce qui concerne les pollutions et la gestion des déchets, on remarque que la raffinerie d’Exxon – Mobil, à Port-Jérôme, se fixe un double enjeu : la lutte contre les nuisances olfactives et autres pollutions de l’air, d’une part, la survie de la raffinerie dans le contexte concurrentiel que l’on connaît. C’est une question majeure pour les perspectives de cette branche de l’activité industrielle en Normandie.

Une entreprise havraise, CHIMIREC, se distingue dans la gestion des déchets industriels. Nous avons toujours pensé que la Normandie, en ce domaine, devait se spécialiser et devenir un leader sur ce créneau, non seulement pour les entreprises locales, mais aussi pour la gestion des déchets industriels des pays européens.

Une étude menée par des scientifiques, dont le nom de code est MACROPLAST, de l’Université de Paris-Est-Créteil, estime à 210 tonnes le rejet de déchets plastiques, chaque année, par la Seine dans la Manche : c’est trop, même si c’est moins que ce que l’on pensait généralement. Les mesures pour supprimer le plastique prises récemment devrait encore réduire cette pollution. Question : où doit-on « chasser » les déchets plastiques en Seine ? Près de Paris ? Près de l’estuaire ? Il faudrait le faire tout le long du cours du fleuve, sur les berges où se piègent notamment les débris flottants. (cf., Le Courrier Cauchois, 31 mai).

On observe, en Baie du Mont-Saint-Michel, une invasion de chiendent qui perturbe la flore des près-salés : y a-t-il une solution ?

Le sénateur Bizet, de la Manche, estime s’être fait piéger par Monsanto-Bayer car son nom a été prononcé dans la dénonciation des parlementaires qui auraient été… influencés par le géant des pesticides voulant prouver l’innocuité du glyphosate… Reste que la suppression du glyphosate, sans doute nécessaire au plan de la santé, n’a toujours pas été compensée par des procédés ou des produits obtenant le même résultat.

Puisque nous abordons le thème de la sécurité alimentaire, évoquons les doutes sérieux concernant les effets de l’ingestion du soja. Voilà qui va déplaire aux véganistes et anti-spécistes qui veulent nous faire ingurgiter des beefsteacks au soja !

 

L’altice inquiète les producteurs de colza : la Normandie ne semble pas encore très touchée. À l’inverse, rien ne va plus pour les carottes de Créances : l’État a mis fin à la dérogation pour l’utilisation du pesticide dichloropropène qui élimine les vers nuisibles à la croissance des carottes. Les producteurs de Créances qui, disent-ils, font vivre un millier de personnes dans la Manche, sont mécontents car, si en France, on respecte les recommandations de la Commission Européenne, l’Italie et l’Espagne les ignorent et inondent le marché français. Il y a distorsion de concurrence. Un de nos amis, dans la Manche Libre, regrette que la carotte de Créances, « qu’il achetait par patriotisme normand » doive laisser le pas aux productions plus biologiques.

 

La Normandie n’a perdu aucune commune titulaire du Pavillon Bleu qui authentifie le bon état environnemental des plages. Mieux, elle en gagne une : Donville – les Bains. On peut et on doit faire encore mieux.

Enfin, mais cela touche autant les problèmes de sécurité que la prévention des pollutions marines, il faut se réjouir que la Direction Nationale des Garde-Côte soit installée au Havre.

 

LES CONTRASTES DU SECTEUR AGRICOLE ET AGRO-ALIMENTAIRE

 

D’après les statisticiens la « ferme normande » maintient ses revenus. Les produits laitiers s’exportent bien, mais, à l’échelon européen, les stocks de lait en poudre coûtent de plus en plus cher : y a-t-il péril de surproduction en vue ? C’est le cas pour la production de pommes de terre, d’où une baisse de prix qui peut devenir fatale pour maintes exploitations.

Le dynamisme des brasseurs de bières artisanales en Normandie que l’on peut vérifier lors des nombreuses manifestations qui les réunissent suscite l’émulation des cidriers et autres producteurs de Calvados.

Amusante question posée dans la presse locale : les vaches sont-elles plus nombreuses que les humains en Normandie ? Oui, dans la Manche et dans le Calvados, non à l’échelle de la région. Le score est tout de même flatteur pour les éleveurs.

La grande inquiétude cependant porte sur le devenir de Cagny, la sucrerie de Südzucker la plus à l’ouest de l’Hexagone. Outre la question de l’avenir du personnel de l’entreprise, c’est toute la filière, de la betterave au morceau de sucre, qui va être impactée par la décision de l’opérateur allemand, confronté depuis la fin des quotas, d’une part, et de la mondialisation de l’industrie sucrière, d’autre part, à une surproduction qui s’annonce durable. C’est, à la base de la filière, une modification radicale de l’économie agricole fondée sur la rotation des cultures au sein de laquelle la betterave occupait une place très lucrative. Les plantes fourragères pourront-elles remplacer la betterave ? Il y a unanimité du monde syndical et politique pour « sauver » Cagny. Pour l’instant, seule la Région a concrètement proposé son soutien et avancé quelques subsides. On parle d’une reprise de la sucrerie par les betteraviers, mais Südzucker s’y oppose. Les manifestations sont de plus en plus nombreuses : cette affaire n’est pas terminée, loin de là.

 

RÉUSSITES NORMANDES

 

Trois jeunes apprentis normands sélectionnés vont participer en Russie au Championnat du monde des Apprentis : ils représentent la Normandie (et la France) dans leurs catégories. Nous leur souhaitons une pleine réussite.
Cinq élèves du Lycée maritime Anita Conti de Fécamp ont obtenu, avec la réalisation d’un chalut révolutionnaire, la qualité de « meilleurs apprentis de France », catégorie Marins-pêcheurs.
Parmi les « champions de l’économie normande », six entreprises régionales ont été distinguées :
  1. Catégorie « Création » : La Végisserie, de Touques, propose des pâtisseries sans allergènes.
  2. Catégorie « Les enjeux de demain » : AfB Normandie, de Caen, propose de redonner une seconde vie au matériel informatique, en employant des travailleurs handicapés.
  3. Catégorie « Développement » : La Société Paul Marius, de Rouen, développe son activité à l’international dans la maroquinerie haut de gamme.
  4. Catégorie « Innovation » : Consciences Robotics, dans le Calvados, a présenté ses robots au Show de Las Végas.
  5. Catégorie « Prix du public » : Le choix s’est porté sur l’entreprise Carasnelles qui fabrique les Sablés d’agnelles.
  6. Catégorie « Made in Normandie » : La société Grenouille Rouge, de Rouen, l’a emporté avec ses sacs « made in Normandie », of course.

Ces entreprises ont reçu leur prix lors d’une cérémonie des Trophées de Normandie, qui s’est déroulée à l’INSA de Rouen.

Il nous amusera de savoir que la Normandie est le N° 1 pour… les slips régionaux (résultat du concours du « meilleur slip des régions » organisé à l’échelon national par la corporation des fabricants de sous-vêtement).

D’autre part, et, là, c’est l’INSEE qui l’annonce, la jeunesse normande est considérée comme la plus active de France. Pour les 16 – 25 ans, 29 % travaillent, 16 % sont en recherche d’emplois. Précisions de l’enquête : 45 % d’entre eux vivent en couple (en France, 39 %).

Parmi les réussites du mois, il faut savourer – avec Paris-Normandie – la montée en D 2 du Rouen Normandie Rugby, qui a, en outre, gagné le trophée Jean Prat. La Normandie deviendrait-elle une terre d’ovalie ? Il faut savoir que ce sport, inventé à… Rugby, en Angleterre, fut introduit en France par un premier club au Havre…

Au plan social, on observe que si les emplois salariés sont en baisse de – 0,2 % en Normandie (perte de 1320 emplois), la Manche et le Calvados connaissent une augmentation respective de + 0,2 % et + 0,1 % (alors que l’Eure et la Seine-Maritime connaissent une baisse de – 0,3 % et l’Orne – 0,5 %). Pourtant la masse salariale augmente de + 0,6 % et le salaire moyen est de 2 350 euros brut en Normandie…

Des études montrent que l’artisanat s’épanouit principalement en zones rurales et que des bassins d’emplois normands obtiennent la qualité de « tiers-lieux », c’est-à-dire des endroits où l’on relance l’activité industrielle.

 

ACTIVITÉS DU CONSEIL RÉGIONAL

 

Nous achèverons, comme souvent, ce panorama des activités normandes en affirmant que nous sommes loin d’être exhaustifs : il y a tant à dire… Mais en mettant l’accent sur l’action en de multiples domaines du Conseil régional.

  • La Région consacre 32,63 millions d’euros au Pôle d’Équilibre Territorial et Rural du Pays d’Argentan – Pays d’Auge.
  • La Région aide avec 21 millions d’euros la valorisation des villes reconstruites d’après-guerre.
  • La Région veut créer une École Hôtelière internationale. Où sera-t-elle installée ?
  • La Région finance les actions éducatives de 50 000 Normands de 15 – 25 ans.
  • Enfin l’Agence de Développement de la Normandie promeut la Région comme « Région industrielle friendly » et espère faire venir des entreprises dans le cadre de la tendance du déplacement vers l’Ouest des activités industrielles.

5 juin 2019


Guillaume LENOIR

avec l’aide de Geneviève FLAMENT, Thierry LANGLOIS,

Edwige LE FORESTIER et Emma DAVESNE

 

OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE

87, rue de la République

76940 La Mailleraye sur Seine

Commune nouvelle d’Arelaune en Seine


La Rédaction