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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.







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Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Vendredi 11 Janvier 2019

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du mois de décembre 2018


Nous avions achevé notre livraison de novembre dernier sur le début des Olympiades des Métiers qui se déroulaient à Caen jusque dans les premiers jours de décembre et nous avions promis de mettre en évidence les jeunes Normands qui auraient décroché des distinctions à l’issue de ces concours relevés. Il nous plaît de tenir parole, tant il est vrai que nous vibrons tous aux succès, à la ténacité, à l’habileté de nos jeunes compatriotes. Ainsi nous allons insister sur le palmarès qui place la Normandie au second rang des Régions de France s’étant affrontées dans les disciplines les plus diverses.


Médailles d’or :

  • Installation électrique : Antoine Brion
  • Tournage : Gabriel Saintrain
  • Fraisage : Djordan Viardot
  • Contrôle industriel : Léo Wable
  • Câblage des réseaux très haut débit : Angélo Masclet
  • Cuisine : François Eustace
  • Coiffure : Sarah Leroyer

Médailles d’argent :

  • Intégration robotique : Fabien Blondel, Julie Daigneau, Louis Gille
  • Soudage : Maël Boustouler
  • Mode et création : Flavie Lecerf
  • Prothésiste dentaire : Fidèle Ebengo
  • Solier : Dylan Lajoye
  • Maintenance des matériels : Thomas Quelen
  • Tapisserie d’ameublement : Chloé Ballot

Médailles de bronze :

  • Mécanique véhicule industriel : Kyllyan Foucher
  • Construction béton armé : Etienne Cals et Thibault Ricordel
  • Arts graphiques et pré-presse : Zoé Dubois
  • Poissonnerie : Reddy Kara Nikamu
  • Imprimerie : Aurélien Lebreton

Médailles d’excellence :

  • Cycle et motocycle : Lucie Leboeuf
  • Boucherie : Armand Chéron
  • Boulangerie : Charles Chapron
  • Administration des systèmes et réseaux informatiques : Pierre Ernault
  • Carrelage : Lucas Langlois
  • Service de salle : Barnabé Heslouis
  • Réfrigération technique : Louis Osaer
  • Taille de pierre : Valentin Corbin
  • Peinture et décoration : Florian Servian
  • Ebéniste : Virgil Gauché
  • Jardinier – Paysagiste : Alexandre Grain et Guillaume Vautier
  • Art floral : Marion Jouan
  • Menuiserie : Thibault Correyeur

 

Retenons bien ces noms-là : ils seront les meilleurs artisans et les meilleurs ouvriers de France et ils vont donner du tonus à toute la jeune génération qui, petit à petit, va remplacer tous ceux qui, aujourd’hui, font l’excellence normande dans leur partie.

Le plus extraordinaire, c’est que, dans les semaines qui ont précédé les Olympiades, les journaux normands ont présenté nombre de ces futurs leuréats qui, dans leurs interviews, ne cachaient pas leur ambition et leur détermination. Ils étaient certains, sinon de vaincre, du moins de figurer en bonne place dans la compétition. Ils avaient été bien préparés et il faut féliciter tous les maîtres d’apprentissage qui les ont formés.

Il y en a un qui nageait dans le bonheur, c’est David Margueritte, vice-président du Conseil régional en charge de l’apprentissage. Hervé Morin, bien entendu, a félicité ces champions et ces 43eOlympiades des Métiers qui se sont déroulées à Caen cette année marqueront d’un signe de vitalité et d’excellence une Normandie en pleine renaissance.

 

Puisque nous en sommes à mettre en évidence ceux de nos compatriotes se distinguant, citons aussi :

  • Steeven Gallet, meilleur apprenti en Normandie dans la catégorie cuisine
  • Calypso Marie, meilleure boulangère en France lors du concours national de Bobigny
  • Charles Fraboulet, un des trois finalistes du concours du meilleur pâtissier 2018
  • Albert Lenoir, de Blainville-sur-mer, prix de la dynamique agricole de la Banque Populaire du Grand Ouest, en tant qu’ostréiculteur
  • Véronique Roulland, de Sideville, elle aussi primée pour son élevage traditionnel de porcs.

Pouvait-on mieux terminer l’année en rendant ainsi hommage à cette jeunesse pleine d’énergie et d’habileté ? Nombre de nos champions sont invités à disputer à Kazan (Russie), les Mondiaux des Olympiades des Métiers : nous leur envoyons tous nos encouragements.

 

LA RÉGION DANS LE CONCRET

 

Évidemment, nous pourrions nous étendre sur la crise des Gilets Jaunes, aussi vive en Normandie que dans le reste de la France : nul doute que cela a perturbé et perturbe encore la vie économique et sociale de la région. Une telle crise est à prendre au sérieux et, plus que jamais, il faut faire notre l’affirmation du politologue havrais, André Siegfried, selon laquelle « En Normandie, la vérité n’est jamais entièrement du même côté ». À méditer. Par tous les protagonistes. Les exégèses se multiplient, on ne sait comment la situation va évoluer. Nous n’ajouterons rien à ce concert sinon pour dire que l’actualité normande a été dominée en décembre par les « événements ».

Passons donc aux affaires habituelles.

 

L’exécutif régional se dépense sans compter… Formule ambiguë : certes Hervé Morin et son équipe sont présents sur tous les fronts possibles, mais, justement, décembre est le mois du vote du budget de la Région et, là, on compte…

  • Le budget de la Région s’élève à 2,5 milliards d’euros, parmi lesquels 763 millions d’euros sont consacrés aux investissements (10 % de plus que dans la moyenne des Régions de France).
  • 40 % sont consacrés au ferroviaire. C’est le grand objectif de la mandature Morin : il faut « sortir la Normandie du Moyen-Âge ferroviaire », dit drôlement le Président de la Région.
  • On note également que 669 millions d’euros sont fléchés vers la formation.
  • 9 % de l’ensemble a au développement économique.

C’est un budget de combat, ambitieux, destiné à dynamiser la Normandie

 

L’une des réussites de la politique régionale réside dans la constitution d’ « un « guichet unique » (Ici, je monte ma boîte) où 12 000 porteurs de projets ont été reçus par les services de la Région, 1 000 projets ont été financés, 2 500 entreprises ont été accompagnées et… 4,3 millions d’euros ont été injectés dans le dispositif.

Les responsables de la Région sont allés tester les futurs trains régionaux… en Tchéquie, où Bombardier semble avoir à sa disposition tous les éléments d’évaluation des matériels requis. Nos Normands sont revenus ravis et rassurés.

Hervé Morin est moins optimiste quant aux conséquences du Brexit sur le devenir des ports normands et il multiplie les démarches auprès des autorités françaises et britanniques pour qu’on puisse parer à toutes les éventualités (y compris un Brexit dur).

La Région contracte avec diverses collectivités (Parcs naturels régionaux – Côte Ouest du Cotentin, etc.) et se penche sur la question de la Silver Economie – accompagnement du 3eet 4eâge – qui devient un poste essentiel dans la mesure où la Normandie vieillit – plus que d’autres Régions.

 

À ce propos, le bilan démographique de la Normandie que vient de publier l’INSEE n’est pas brillant. Le chiffre de la population est quasi stable (+ 0,1%) à 3,3 millions d’habitants. Seul le département de l’Eure connaît une augmentation significative de sa population (+ 0,5 % - 602 800 hab.), suivi par le Calvados (+ 0,3 % - 693 700 hab.), par la Seine – Maritime (+ 0,1 % - 1 255 800 hab.). Deux de nos départements sont en baisse démographique : la Manche (- 0,1 % - 498 000 hab.) et l’Orne (- 0,4 % - 285 000 hab.).

Ces résultats plus que médiocres sont encore plus inquiétants quand on songe que le littoral normand est le seul en France à perdre des habitants (quid de la vocation maritime de la Normandie ?), que le solde migratoire est négatif et que la population active diminue alors que les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses (ce n’est pas le signe d’un grand dynamisme et d’une confiance dans l’avenir).

La chute de la natalité s’accentue… Est-ce le moment de fermer des maternités comme à Vire ou à Bernay ?

 

UNE ÉCONOMIE NORMANDE QUI BOUGE

 

Commençons par l’économie maritime.

Le Havre étend son parc logistique et SIEMENS – GAMESA confirment leurs intentions de monter une usine de fabrication d’éoliennes sur un terre-plein du port normand.

À Cherbourg, on construit le premier sous-marin de la série Barracuda, le Suffren. Ce sera le 108esous-marin construit en ce port (dont 16, à propulsion nucléaire).

On vient de lancer, toujours à Cherbourg, un nouveau chalutier et un dispositif adéquat permet désormais de livrer le poisson frais dans toute la France à partir des ports normands.

On craint – avons-nous déjà dit – les conséquences du Brexit pour le trafic des ports normands avec, cependant, une certitude : la Normandie sera moins touchée que la Bretagne pour le trafic avec l’Irlande. Irish Ferries va peut-être supprimer la desserte de Roscoff en se rabattant sur Cherbourg et Britanny Ferries se positionne dans les ports normands pour assurer le trafic avec la Grande Bretagne.

Dans le domaine énergétique, nous relevons qu’un projet de centrale photovoltaïque se profile à Saint-Marcel, près de Vernon, sur le site de la C.N.P.P., tandis qu’un projet de grand méthaniseur dans l’Orne suscite des craintes auprès des riverains. D’autre part, SAIPOL, à Grand-Couronne, propose un agro-carburant, OLEO 100, 100 % français, à partir du colza normand.

Parmi les entreprises que l’on remarque : nous trouverons la Biscuiterie de l’Abbaye, à Lonlay, qui va accroître ses capacités de stockage et augmenter sa production en reprenant des bâtiments désaffectés à Magny-le-Désert. Le fabricant de trottinette, Trottlux, qui surfe sur la vogue d’un engouement de ce mode de déplacement urbain, retient l’attention de la presse nationale (cf. Aujourd’hui en France, du 9 décembre) : sa « success story » étonne.

L’entreprise Mont-Blanc, de Chef-de-Pont, se lance à la conquête du marché chinois : les produits laitiers normands font prime sur le marché.

On annonce la création d’un nouveau « village de marque », à Douains, à proximité de l’A 13. C’est l’issue d’une âpre bataille ayant duré plusieurs années qui opposa les milieux commerçants de la C.C.I. de Rouen et les élus locaux désireux de comptabiliser plusieurs dizaines d’emplois dans une zone où le chômage est récurrent. Ce sera le second village de marques en Normandie : celui de Honfleur vient de fêter son premier anniversaire avec un bilan de fréquentation satisfaisant, qui n’aurait pas – paraît-il – déstabiliser le commerce de détails local.

Il n’empêche qu’on commence à s’inquiéter de l’implantation des grandes surfaces et que l’on s’interroge sur l’éventuelle fin d’un modèle d’urbanisme commercial ayant montré ses limites et sa nocivité sur la vitalité des centres-villes.

La Normandie a enregistré la plus forte hausse touristique cette année (après l’Ile-de-France) et ses potentialités en la matière sont considérables : en 2019, avec l’Armada et le 75eanniversaire de la Bataille de Normandie, s’annonce flamboyante…

 

AU PLAN POLITIQUE, C’EST LA VEILLÉE D’ARMES

 

Ce n’est pas tant la perspective des élections européennes qui retient l’attention, d’autant plus que le mode de scrutin (des listes nationales) va encore plus déconnecter les députés européens des territoires. Il est probable que des zones entières ne seront pas représentées. Cela risque de favoriser l’abstention… Et puis la crise des Gilets Jaunes ne met pas à l’aise les partis politiques…

Ce sont les élections municipales de 2020 qui agitent le microcosme. Le Parti Communiste est sans doute la formation la plus avancée dans la préparation de la campagne des municipales, avec comme objectifs la conquête du Havre et son maintien à Dieppe, Saint-Etienne du Rouvray, Le Tréport. Comme on le voit, la Seine-Maritime reste le point fort du P.C.F..

Les Socialistes essaient de sortir du marasme dans lequel ils se sont enfoncés en 2017… Quelques élus (Christophe Bouillon, Didier Marie) essaient de lancer l’idée d’une sorte de Référendum d’Initiative Populaire (R.I.P.), assez proche du R.I.C. (Référendum d’Initiative Citoyenne) prôné par les Gilets Jaunes. Mais c’est surtout la querelle picrocholine, devenue officielle, entre le Maire P.S. de Rouen, Yvon Robert, et le Président P.S. de la Métropole de Rouen – Normandie, Frédéric Sanchez, qui laisse pantois l’électorat socialiste. (Combien pèse-t-il aujourd’hui ?)

Les partisans de M. Macron, laREM, manifestement, ne sont pas prêts. Sans doute attendent-ils les résultats des Européennes ?

À droite, toujours sur Rouen (c’est le grand enjeu normand, semble-t-il), il y a pléthore de candidats pour mener une liste d’union LR – centriste. Hervé Morin, tel un parrain, organise un sondage pour trouver le ou la candidate capable de renverser la gestion – erratique – des socialistes. Ce n’est pas gagné d’avance ! D’autant plus que la Droite Nationale (R.N. et Debout la France) peut jouer les trouble-fêtes, ainsi, d’ailleurs, que les Verts d’E-E-L-V…

Mais ne focalisons pas trop sur Rouen. Il faut s’attendre dans nos prochaines chroniques à ce que, mois après mois, nous nous fassions l’écho de maintes perspectives pré-électorales dans lesquelles les problèmes de chaque ville importante mériteront des analyses particulières.

 

Quant à notre équipe, d’ores et déjà, annonçons la couleur : c’est l’appétence aux problèmes normands qui nous permettra de discerner l’intérêt de telle ou telle liste en compétition.

Nos lecteurs auront remarqué que cette livraison de décembre n’évoque pas certains sujets pour lesquels, de façon habituelle, nous attachons une grande importance :

  • le secteur agricole et agro-industriel
  • la dimension hippique, consubstantielle à la Normandie
  • le problème des mobilités
  • les problèmes de société

(Nous laissons les problèmes culturels à nos amis de la Revue Culture Normande, dont un numéro va paraître prochainement).

Que nos lecteurs se rassurent, nos dossiers se remplissent et nous parlerons de tous ces sujets dans nos prochaines livraisons.

 

En attendant, toute l’équipe du Courrier de l’O.D.I.N. présente à tous ceux qui nous lisent nos vœux pour une année 2019, peut-être mouvementée.

C’est dans la Normandie et par la Normandie que les uns et les autres devront trouver des motifs d’espérance.



Guillaume LENOIR

avec l’aide de Geneviève FLAMENT, Thierry LANGLOIS,

Edwige LE FORESTIER et Emma DAVESNE

 

OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE

87, rue de la République

76940 La Mailleraye sur Seine

Commune nouvelle d’Arelaune en Seine


La Rédaction