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Pragmatisme à la normande

Samedi 20 Octobre 2018

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Les Îles normandes de la Manche (bailliages de Jersey et Guernesey) n’ont jamais voulu faire partie de l’Union Européenne, jouissant ainsi d’un statut particulier – un pied dehors, un pied dedans , dont elles tirent avantage… La proximité de la Normandie continentale les a poussées à conclure, il y a 23 ans, un accord de coopération, avec le département de la Manche d’abord, l’ex – Région de basse-Normandie ensuite (accord qui s’est renforcé avec l’actuel exécutif de la Normandie réunifiée depuis), qui est profitable aux deux parties.

Cela n’a pas exclu des bisbilles entre pêcheurs normands et pêcheurs guernesiais et jerriais à propos des droits de pêche aux Minquiers et aux Ecrehous, mais cela n’a pas empêché non plus de fructueux échanges réciproques (les Îles reçoivent de l’électricité du continent, les pêcheurs des Îles débarquent 80 % de leurs prises à Cherbourg, Granville, Port-en-Bessin), sans compter le tourisme… Bref, des relations de bon voisinage – on ne s’enguirlande bien qu’entre voisins… ou cousins , transcendées depuis 2016 par la résurrection de la Normandie. On ne souligne pas assez la portée symbolique des invitations faites auprès des autorités des Îles d’assister en tant qu’invitées d’honneur à des sessions du Conseil régional de Normandie.

Or, en ces temps de Brexit, que l’on appréhende dur, voire rigide, Jerriais et Guernesiais craignent – surtout les pêcheurs – de ne plus pouvoir accéder facilement aux ports normands et d’être l’objet de tracasseries douanières. Aussi les autorités des bailliages de Jersey et de Guernesey viennent-elles de demander à Hervé Morin, Président de la Normandie, d’être leur interprète auprès du Gouvernement français pour que celui-ci plaide leur cause auprès de la Commission européenne. Morin est intervenu auprès de Jean-Yves Le Drian, Ministre des Affaires étrangères, qui n’a pas voulu donner suite…

Il est probable qu’Hervé Morin va intervenir directement à Bruxelles… et, de toute manière, tout sera fait dans les ports normands pour assouplir les conséquences du Brexit. Évidemment, tout cela dépasse le cas des Îles de la Manche (Hervé Morin a interpellé le Gouvernement pour que l’engorgement des camions dans nos ports, en provenance ou à destination du Royaume-Uni, soit préalablement aménagé. Cela suppose des investissements en installations dédiées et un personnel douanier supplémentaire).

Cette affaire – qui paraîtra secondaire auprès de l’opinion française, mais essentielle et, presque, sentimentale aux yeux des Normands – montre à la fois le pragmatisme des Normands et l’importance des liens qui unissent la Normandie continentale et la Normandie insulaire.
 

 

Barneville-Carteret, 20 octobre 2018

C.N.O.




La Rédaction