Menu


 



Inscription à la newsletter







Partager ce site

La fin actuelle du mirage hydrolien

Mercredi 10 Octobre 2018

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


En général, le réseau C.N.O. n’est pas tendre envers l’action gouvernementale, ni indulgent à l’égard des propositions (?) des oppositions. Nous sommes indépendants et notre seul parti, c’est celui de la Normandie. Un point, c’est tout. Aussi, lorsque nous disons qu’il fallait du courage au Président Macron et au Premier Ministre Philippe de mettre un terme à l’aventure hydrolienne en matière de transition énergétique, devons-nous prendre en considération toutes les données du problème.


UNE IDÉE SÉDUISANTE, DES DISPOSITIONS APPAREMMENT FAVORABLES


Nous n’avons pas été les derniers à penser que l’énergie des courants marins pouvait être utilisée pour produire de l’électricité. La Normandie, en la matière, avec le Raz Blanchard, semble destinée à accueillir des hydroliennes.

Là, plus qu’ailleurs, l’intention d’une transition énergétique a du sens. La Normandie est une des régions françaises de premier plan pour la production d’électricité, avec, principalement, mais pas uniquement, un parc nucléaire important. La mode est aux énergies renouvelables, en l’occurrence l’éolien terrestre et off-shore, ainsi que le solaire. La biomasse est plus qu’une potentialité alors que l’hydroélectricité est en retrait avec l’arasement des barrages du Sud Manche. Parmi les énergies marines renouvelables (EMR), les hydroliennes sont donc à prendre en considération.


REFAIRE LE FILM D’UN FIASCO


Pour complaire à l’électorat écologiste dans la perspective des élections présidentielles de 2017, les gouvernements du précédent quinquennat se sont lancés dans la construction d’une usine ultra-moderne à Cherbourg pour la réalisation d’un grand nombre d’hydroliennes implantées au large du Cotentin… Cette usine a été inaugurée en juin 2017. L’entreprise Naval Group, à forts capitaux d’État, en était le maître d’œuvre. Les collectivités (Région, département, C.D.C., etc.), sollicitées, ont craché au bassinet…

Mais la réalité des chiffres est impitoyable. L’ex – Ministre de l’Environnement, Nicolas Hulot, en a convenu :

« Les coûts de production de l’hydrolien apparaissent très élevés, même à long terme »

(entre 300 à 500 euros le MWh… à comparer avec le MWh nucléaire, entre 50 à 60 euros)… De plus, les problèmes de corrosion – donc de maintenance – ne sont pas tous résolus (cf. Le Marin, 31 mai et 21 juin 2018).

Le Gouvernement s’est donc résolu à abandonner – pour l’instant – la filière.


QUELQUES CONCLUSIONS À TIRER


Le gâchis de la construction de l’usine de Cherbourg (300 à 500 millions d’euros) est imputable à l’État. Le Gouvernement actuel a raisonnablement arrêté les frais.

  • Première conclusion : en matière énergétique, l’idéologie de l’antinucléaire ne doit pas porter au pinacle certaines énergies renouvelables.
  • Deuxième conclusion : la démagogie électoraliste ne remplace en rien une analyse économique rigoureuse.
 

Cherbourg, 10 octobre 2018

C.N.O.



La Rédaction