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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


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Une belle réalisation de Gilles Pivard.







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« LUBRIZOL : STOP OU ENCORE » - La Normandie à la croisée des chemins

Jeudi 12 Décembre 2019

​Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Le mardi 10 décembre, Paris-Normandie titrait : « Lubrizol, stop ou encore ». Aujourd’hui, on apprend que le Comité départemental de l’Environnement et des risques sanitaires et technologiques autorise une relance partielle de l’usine de Rouen. C’est une bonne nouvelle. Cela implique que l’on a pris la mesure des risques et qu’on ne veut pas insulter l’avenir industriel de la Normandie.
Car, affirmons-le avec véhémence, la dimension industrielle de la Normandie est, avec l’activité portuaire et maritime, puis la vocation agricole et d’élevage, enfin la production énergétique, l’un des quatre piliers des potentialités économiques et sociales de la Normandie. Songeons aux milliers d’emplois, souvent hautement qualifiés, des filières industrielles. La Normandie, en France, reste l’un des pôles d’équilibre entre les secteurs primaire (agriculture – pêche) et secondaire (industriel et logistique).     Évidemment les activités industrielles comportent des risques environnementaux. La vallée de la Seine, notamment, regroupe des unités de production de type Seveso – seuil haut. La catastrophe Lubrizol a montré, non pas que le risque zéro n’existait pas (c’est un leurre), mais que la gestion des risques devait rester la préoccupation première des opérateurs et des autorités qui, en l’occurrence, n’ont pas été exemptes de défaillances. Il ne s’agit pas d’exonérer Lubrizol et Normandie Logistique de leurs responsabilités (et des indemnisations afférentes), mais il ne faut pas non plus renoncer à dénoncer l’impéritie de la Préfecture qui a autorisé le stockage dangereux de produits nocifs et qui a géré, en matière de communication, l’accident en dépit du bon sens. Les commissions parlementaires – nécessaires – feront la lumière là-dessus.
L’inconséquence des milieux de l’écologie fanatique et de la décroissance à tout va qui voudraient bannir toutes les activités industrielles Seveso s’étale avec suffisance. Dans la panique des suites de l’affaire Lubrizol, on en est venu à refuser une installation de stockage de pesticides à Vieux-Manoir alors qu’il eût suffi d’être plus exigeant sur les systèmes de protection… Signal très négatif d’une tendance à mettre en cause toute la filière chimique… Selon la théorie des dominos, soyons persuadés que si Lubrizol avait été contraint de partir, c’est toute une série d’établissements qui, petit à petit, s’esbigneraient du territoire. Les salariés – cadres et ouvriers spécialisés – apprécieraient-ils cette frénésie de délocalisations voulues – sans l’avouer – par les Khmers Verts ?
Il est vrai que E.-E.-L.-V. espère surfer aux municipales sur cette déconstruction de l’appareil industriel normand… Quant aux Socialistes (il faut se placer dans la perspective des municipales), ils pratiquent la danse du ventre pour se faire accepter dans la dynamique verte. D’après eux, il faudrait attendre… Attendre quoi ? Le calendrier économique n’est pas le calendrier politique : cela, les Socialistes ont tendance à l’oublier dans leur délire idéologique. Et puis, il y a un précédent fâcheux pour eux : Pétroplus. La raffinerie de Petit-Couronne devait inéluctablement fermer. Ni Le Vern, ni Mayer-Rossignol, présidents de l’ex haute-Normandie, n’ont anticipé, notamment dans un plan de formation et de reconversion des salariés de Petroplus. Sont-ils prêts aujourd’hui à regarder en face les menaces qui pèsent sur le devenir industriel de la Basse-Seine ? Par charité (chrétienne ?), nous n’évoquerons pas le néant de la Droite sur ces questions.

La Normandie demande autre chose que, seule, la Région est en mesure de mettre en œuvre : un plan de réindustrialisation de la Normandie avec une expertise confirmée et reconnue des risques qui pourrait en faire un modèle pour la France et l’Europe. Au Conseil régional d’oser s’affirmer face aux Pouvoirs publics qui ont trop longtemps délaissé la Normandie.

CNO
Rouen, le 11 décembre 2019

La Rédaction