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Guillaume le Conquérant

Gilles Pivard a dessiné la vie du Conquérant, façon "Tapisserie de Bayeux".


Un site à découvrir : "Telle une tapisserie ", une vidéo et le tout qui mériterait un livre illustré pour les jeunes et les moins jeunes !
Une belle réalisation de Gilles Pivard.







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Après le pommeau paumé, ne soyons pas les poires du poirineau !

Samedi 5 Septembre 2020

​Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Une récente « Réplique Normande » a attiré notre attention sur la captation d’appellation de produits commise au profit de nos voisins bretons dans le cadre d’un article paru dans l’hebdomadaire Marianne.

Il ne faudrait pas cependant que le pommier de la discorde nous cachât le verger de nos faiblesses et que la réaction aux usurpations fût notre seule action au risque d’en faire un marronnier de nos Répliques.

L’une des faiblesses des Normands est le produit de ce qui fait leur force. Il y a, certes, l’individualisme tant relevé, mais plus encore, il y a le pragmatisme qui nous fait négliger le faire-savoir de nos savoir-faire et la théorisation de ce qui fonctionne.

À ce titre, après le POMMEAU, le POIRINEAU est un bon exemple. Il suffit pour cela de sonder l’e-réputation de ce terme pour le vérifier.

On apprend ainsi qu’il s’agit d’un mistelle de moût de poire à poiré et d’eau-de-vie de poiré, qui se fabrique d’une façon analogue au pommeau pour les pommes.

Or si le Poiré de Domfront dispose d’une Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C.) en France, il n’est pas sans concurrence en Europe. De même, l’eau-de-vie de poiré ne fait l’objet que d’une Indication Géographique (I.G.P.) et le poirineau ne semble guère connu sur le site de l’I.N.A.O.

Si l’aire de production du poiré couvre en France des communes de l’Orne, du Sud-Manche, du Nord-Mayenne, du nord de l’Ille-et-Vilaine et du nord du Loir-et-Cher, il est également possible de trouver des appellations d’origine protégée en Grande-Bretagne, du poiré de glace au Québec, des poirés en Espagne, en Autriche, dans le Würtemberg ou en Suède.

La notoriété du Poirineau et sa production sont évidemment sans commune mesure avec celles du Calvados (dont la version domfrontaise doit d’ailleurs contenir 30 % de poire à poiré) et du Pommeau. Néanmoins, il serait regrettable qu’un matin ce produit devînt l’apanage d’une autre région ou d’un autre pays. Un fantasme ? Il suffit de regarder la page Wikipédia pour comprendre que non :

« Le poirineau est un alcool apéritif ou digestif à base de poire et de liqueur de poire. Il est originaire d’Eure-et-Loir (…). Son équivalent à base de pomme est le pommeau. »

On peut se gausser du sérieux scientifique de Wikipédia, il n’en demeure pas moins qu’une erreur répétée finira par devenir une idée admise, puis une vérité acceptée. Contre cela, il n’y a pas d’autre solution que manier le bouclier de la protection normative, l’A.O.C., et en faire la promotion. Une reconnaissance d’une A.O.C. en France est une étape préalable à la reconnaissance d’une A.O.P. au niveau européen, selon le règlement communautaire UE n° 1308 : 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles.

Il y a un risque : un refus d’enregistrement en A.O.P. par la Commission Européenne fait perdre au produit le bénéfice de l’A.O.C. au plan national… Ce qui permet d’en fabriquer partout.

Les controverses sur les A.O.P. du Camembert en témoignent…

 

C.N.O. - Vernon, le 5 septembre 2020

La Rédaction