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Du Business mémoriel et de la flagornerie…

Jeudi 21 Juin 2018

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Comme à chaque mois de juin, on commémore à tout va le énième anniversaire du débarquement du 6 juin 1944 et du début de la Bataille de Normandie qui se termina par la grande brûlerie du Havre en septembre de cette année terrible…

Il faut respecter les morts, militaires et civils. Il ne faut pas être dupes : en même temps qu’une libération, ce fut un désastre pour la Normandie. Qu’on fête l’une, qu’on n’oublie pas l’autre.

Certains diront – avec juste raison – que le tourisme mémoriel est une juste compensation des destructions matérielles d’un conflit qui s’est déroulé sur notre sol.

Maintenant, faut-il en rajouter, en 2018, sur une « reconnaissance éternelle » qui serait due « ad vitam aeternam » pour une Amérique intervenue bien tard dans la guerre et ayant eu, même avant cette période, des ambitions hégémoniques dont on mesure mal aujourd’hui les conséquences ?

Un peu de lucidité – rare chez les commentateurs de presse – nous montre que les États-Unis, avec le slogan « America first », se moquent comme d’une guigne de l’avenir écologique de la planète et qu’ils pratiquent un protectionnisme mesquin alors qu’ils prônent un libéralisme économique plus théorique que réel, à des fins incapacitantes envers d’éventuels concurrents.

Le masque tombe lorsque le Gouvernement américain, sous prétexte d’une querelle avec l’Iran (à propos de laquelle il y aurait beaucoup à dire, mais ce n’est pas notre sujet), décide un embargo sur les échanges avec Téhéran, pour tous les pays, et menacent de représailles les récalcitrants, y compris devant les tribunaux US.

Il s’agit d’un Diktat insupportable : sommes-nous devenus une colonie américaine ? On mesure toute la puissance du dollar, en tant que monnaie de change internationale (A quoi sert donc l’euro ?). Peut-on accepter que des entreprises françaises soient contraintes de quitter le marché iranien aujourd’hui, et demain d’autres marchés en délicatesse avec les États-Unis ?

Cela concerne directement la Normandie. L’exemple emblématique des vaches normandes destinées à relancer la filière viande et lait de l’Iran est significatif (ce n’est pas le seul). Les banques françaises refusent la transaction car elle est libellée en dollars. Quel rapport avec l’accord sur le nucléaire dénoncé unilatéralement par les Américains ?

Non, très franchement, ce n’est pas le moment de flagorner l’Amérique parce qu’il y a 74 ans, cette alliée (sic !) est venue nous libérer… en écrasant nos villes, ne l’oublions pas non plus !
 

Vimoutiers, le 21 juin 2018


C.N.O.




La Rédaction