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Dilemmes soigneusement cachés…

Dimanche 17 Mars 2019

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


En ce jour où l’on a su mettre les ados dans la rue « pour défendre la planète », une polémique enfle en Normandie à propos de l’éventualité évoquée par le grand patron d’EDF de construire deux E.P.R. à Penly. Le Président de la Région, Hervé Morin, n’a pas dit non. Banco, ont déclaré Sébastien Jumel et les Communistes : « Nous ne sommes pas hostiles au nucléaire dans un mix énergétique ». Bien entendu, les Verts, qui veulent à tout prix « sortir du nucléaire », crient à « l’irresponsabilité » et Mélenchon, en tournée électorale, met en garde les Normands avec un argument spécieux et anxiogène : « La Normandie en cas de guerre deviendrait une cible ». À ce compte, c’est toute la Basse-Seine Seveso, pourtant non nucléarisée, qui peut devenir une cible… Bref, la polémique est bien engagée et les contre-vérités (les fake-news, comme il faut dire aujourd’hui) vont servir d’arguments pour mieux faire taire la contestation à la doxa à la mode où l’on s’interdit simplement de réfléchir…

« Mais les faits sont têtus parce que ce sont les faits », disait Lénine (on a les références qu’on peut !) et rien que de les énoncer montre qu’une réprobation pure et simple de ce projet ressort d’une position dogmatique et irréfléchie.

  • L’essentiel de la production électrique française est d’origine nucléaire. Les centrales existantes, même prolongées, n’ont qu’une à trois décennies d’avenir.
  • Les énergies renouvelables – essentiellement l’éolien et le solaire – sont intermittentes dans leur production. La preuve ? La France a fourni son électricité nucléaire à ses voisins dont les éoliennes étaient encalminées du fait des hautes pressions d’un anticyclone persistant. Ces pays eussent dû, faute de ces importations de courant, ou réduire drastiquement leur consommation ou mettre en route des centrales thermiques émettrices de CO2 générateur de l’effet de serre.
  • L’urgence écologique actuelle est la lutte contre le réchauffement climatique. Le nucléaire intervient peu dans l’effet de serre.
  • On fonde de légitimes espoirs pour d’autres énergies renouvelables (hydrogène, méthanisation). La Normandie est bien placée… mais c’est pour demain. D’où l’idée de la nécessité d’un « mix énergétique » pour les quelques décennies à venir et cela comprend évidemment le nucléaire.
  • Le projet Penly a cet avantage que le terrain est disponible (Penly, prévu pour 4 réacteurs, n’en a que 2) et l’on n’aurait pas besoin de nouvelles lignes à haute tension pour distribuer l’électricité (La Normandie est assez couturée avec l’actuel réseau de lignes H.T.).
  • Puisque l’on parle de l’impact paysager, imagine-t-on le triplement des éoliennes dans la campagne normande ? L’acceptation de la population a des limites. On s’en aperçoit chaque jour. La contestation de l’éolien résulte aussi de la modestie de ses performances, quoi qu’en disent les opérateurs de la filière.
  • Quant à l’affirmation des Verts selon laquelle l’énergie « verte » des éoliennes coûterait moins chère que l’électricité nucléaire, c’est une sinistre plaisanterie.

Le problème se résume donc au point de savoir si l’on remplace les anciennes centrales nucléaires par quelques E.P.R. – dont il ne faut pas cacher la difficulté que l’on a eue pour les mettre au point – et la Normandie, région essentielle de la France pour la production électrique, a les atouts pour relever le défi et doit négocier pour en tirer le plus grand profit.


Dieppe, le 15 mars 2019

C.N.O.



La Rédaction