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Curieuse démocratie participative…

Mardi 13 Novembre 2018

Communiqué du Réseau citoyen du Cercle Normand de l'Opinion


Toutes les forces politiques sont d’accord, sauf le député du coin, Sebastien Jumel, un grincheux sans doute… et qui flatte sa clientèle électorale : les pêcheurs… Ah, ceux-là, une poignée d’irréductibles qui prétendent que le champ d’éoliennes off-shore au large du Tréport restreindra leur zone de pêche et perturber les lieux de reproduction des poissons.

Puisqu’on vous dit que l’éolien, c’est l’avenir, et l’off-shore la réponse adéquate à ceux qui déplorent dans l’éolien terrestre les atteintes graves aux paysages ruraux… L’heure est aux énergies renouvelables. Qu’on se le dise et gare à ceux qui restent sceptiques quant aux coûts de production de l’électricité ou à l’intermittence de ce mode de production énergétique… Qu’ils se taisent !

Faut bien, cependant, que l’on en passe par la tenue d’une enquête publique. Elle a lieu en ce moment (du 16 octobre au 29 novembre). On craint que les récalcitrants ne déversent leur fiel : cela fait mauvais effet. Alors, pour forcer la main « aux honnêtes gens » qui, peut-être, ne se déplaceraient pas, un coup de pouce de l’administration – dans le sens du vent, of course – est le bienvenu.

Un arrêté ministériel en date du 12 octobre autorise la Société des Éoliennes en mer de Dieppe – Le Tréport (E.M.D.T.) à exploiter ses installations de production au large des côtes normandes (cf. Paris-Normandie, 7 novembre 2018). Les coordonnées d’implantation du futur champ éolien sont précisées.

À quoi sert donc l’enquête publique ?

Pour l’instant, il n’y a que Jumel et les pêcheurs pour protester. Les autres… ils se taisent La cause est entendue. Fermez le ban !

Est-il permis, cependant, de faire observer que de telles installations d’éoliennes en mer posent certains problèmes d’environnement (pour ne parler que de ceux-là puisque la mode est à l’écologie à toutes les sauces) ?

Les structures métalliques au contact avec l’eau de mer doivent être impérativement protégées contre une corrosion rapide. D’où l’utilisation d’anodes sacrificielles fixées sur les parties métalliques. Ces anodes sont fabriquées le plus souvent en zinc ou en alliage d’aluminium. Chaque éolienne off-shore requiert l’installation à la base de la structure immergée d’anodes sacrificielles en aluminium. Ce sont des blocs de vingt tonnes : ces blocs libèrent environ 160 kg d’aluminium par jour et les anodes doivent être remplacées régulièrement avant leur dissolution complète (Source : le Centre français de l’Anticorrosion CEFRACOR). Or, cet aluminium libéré dans l’eau est un polluant dangereux qui s’accumule dans les organes des êtres vivants, en l’occurrence les poissons. Ce qui les rend impropres à la consommation. Tous les pétroliers savent cela, qui ne se risquent pas à consommer le poisson qui pourrait être pêché aux alentours des plates-formes.

On peut donc comprendre les craintes des pêcheurs du Tréport. Qui s’en soucie ?

La solution des éoliennes flottantes pourrait peut-être constituer un palliatif. Qui l’imposera à la Société des éoliennes en mer de Dieppe – Le Tréport ?
Un Élu aimait à dire que le mot Démocratie ne s’accommodait d’aucun adjectif et il ironisait sur la notion de démocratie participative. Il n’avait pas tort.
 

Criel-sur-Mer, le 13 novembre 2018
C.N.O.


La Rédaction