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Courrier mensuel de l'Office de Documentation et d'Information de Normandie

Vendredi 12 Octobre 2018

Sous les sabots de Sleipnir, le coursier d'Odin…
Actualités normandes du mois de septembre 2018


Alerte aux frelons asiatiques ! Depuis quelques années, nous avons noté, mois par mois, une progression de cette espèce invasive dangereuse. Au début, un ou deux signalements, aujourd’hui la presse en fait état toutes les semaines et l’expansion de ce nuisible s’amplifie. Partie – en Normandie – du Sud-Manche, l’invasion couvre maintenant toute la Région. Il y a eu des accidents mortels (combien ?) et, malgré la diligence des services compétents, dont les pompiers, mais pas seulement, il semble que plus rien n’arrête le fléau. Aussi, en nous adressant aux Autorités régionales, demandons-nous une mobilisation et une coordination de tous les moyens. Il faut en faire une cause inter-régionale, avec des interventions préventives simultanées et y mettre les moyens financiers nécessaires. Il y va de la sécurité des personnes et du devenir du rucher normand. L’enjeu économique est là : la Normandie est déjà très déficitaire en matière de production de miel, cette invasion indésirable va-t-elle donner le coup de grâce à l’apiculture normande ?

 

CONTRASTES DANS LE SECTEUR PRIMAIRE AGRICOLE

 

  • Une sécheresse de l’été a fait craindre des rendements très médiocres pour les cultures. Cela étant, on observe une embellie pour la production de céréales et la campagne betteravière aura des rendements moyens (on craint beaucoup une baisse des prix avec la fin des quotas). Ce sont les éleveurs, encore une fois, qui sont à la peine : insuffisance de fourrage et baisse du prix du lait.
  • Beaucoup d’inquiétude aussi sur les perspectives d’exportation de nos produits laitiers depuis que les Chinois ont rompu le contrat avec les Maîtres laitiers du Cotentin. Une satisfaction cependant : un bilan positif de l’opération « Lait Cœur de Normandie ». Il faut jouer la qualité.
  • La qualité, on la trouve toujours dans la production de lin, dont les utilisations, notamment en matière industrielle, sont de plus en plus prometteuses… On la trouve encore dans l’élevage chevalin : la vente des yearlings a été, une nouvelle fois, un grand succès cette année à Deauville et le championnat de France de la race percheronne s’est déroulé comme il se doit au Haras du Pin.
  • La coopérative AGRIAL vient d’acquérir le premier cidrier indépendant de Grande Bretagne (nous avons appris à ce propos que les Anglais étaient les premiers consommateurs de cidre au monde. Décidément, la « colonie normande qui a mal tourné » a gardé quelques particularités de ses origines !).

 

GROGNE DANS LE SECTEUR PRIMAIRE MARITIME

 

Le monde de la pêche est en émoi. La guerre de la coquille s’est apaisée, certes, au cours du mois de septembre, après moult péripéties, mais chacun convient de la fragilité de l’accord obtenu. La campagne de la Saint-Jacques commence : aux dernières nouvelles, elle paraît décevante… Les pêcheurs se sont aussi mobilisés contre le projet d’éoliennes off-shore au large du Tréport : ils ont fait une démonstration de force autour de la plate-forme Excalibur qui effectue des sondages… comme si l’enquête publique qui doit avoir lieu du 16 octobre au 29 novembre avait déjà conclu en faveur de l’implantation des éoliennes en mer dans les zones de pêche et de reproduction des espèces que veulent défendre patrons et matelots de nos ports…

 

CONTRASTES DANS L’ÉCONOMIE MARITIME

 

  • Les ports français de la Manche – normands avant tout – enragent d’avoir été exclus par Bruxelles du commerce maritime irlandais à destination du continent, qui va ainsi privilégier les ports du Northern Range… La Région et son Président Hervé Morin s’impatientent : l’État ne veut pas régionaliser les Grands Ports Maritimes… et ne fournit pas l’effort nécessaire pour essayer de concurrencer les ports belges et hollandais.
  • Cela étant, même si le trafic du Port du Havre est en léger recul, on observe que ce port peut recevoir les plus gros navires. L’inauguration de l’immense porte-conteneurs Saint-Exupéry de la CMA – CGM en porte témoignage.
  • Les quais de Radicatel (annexe du Port de Rouen) viennent de recevoir un navire chinois qui a emprunté la route du Nord, par l’Océan glacial arctique (15 à 20 jours de gagnés depuis la Chine)… Les quais de Honfleur (autre annexe du Port de Rouen) vont pouvoir bientôt accueillir les plus grands bateaux de croisière et le G.P.M. de Rouen retrouve le sourire avec de belles perspectives d’exportations de céréales.
  • Rouen et Le Havre vont être reliés directement par fer à la suisse. On s’aperçoit peut-être que l’hinterland de nos ports va au-delà de l’agglomération parisienne…
  • Enfin Cherbourg, où l’on construit les sous-marins, sera aussi le lieu où on les déconstruira : des milliers d’heures de travail en perspective !

 

LA FILIÈRE ÉNERGÉTIQUE EN TURBULENCES

 

  • Puisque nous étions à Cherbourg, restons-y. Pour l’éolien off-shore se dessine toute une chaîne pour son développement, ainsi l’entreprise LM Wind Power, qui fabrique des pales d’éoliennes, est à la recherche de compétences pour son usine de Cherbourg, ne les trouve pas sur place et recrute de plus en plus loin… À l’inverse, le désengagement de Naval Énergies pour la réalisation d’hydroliennes dans le Raz Blanchard laisse un goût amer quelques mois après l’inauguration d’une splendide usine… qui ne servira à rien.
  • C’est dans le solaire que l’on note les évolutions les plus notables. Deux mises en route de centrales solaires retiennent l’attention. Une à Colombelles, près de Caen, sur les friches de l’ex S.M.N. (19,3 ha), permettra la fourniture d’électricité pour plus de 4 500 foyers. L’autre, à Surdon (Orne), sur les friches polluées de la SNCF (17 ha). On en espère 70 000 euros de recettes fiscales par an… Enfin, on prévoit à Vernon, dans l’enceinte de la C.N.P.P., la construction d’une centrale solaire.
  • On estime que 100 000 maisons pourraient être chauffées par le biogaz, à partir des équipements de méthanisation dans les exploitations agricoles.
  • À l’inverse, le chauffage au bois, déjà très développé, n’est pas aussi écologique que l’on le prétend : il émet 1,5 fois plus de CO 2 que le charbon et l’on considère qu’il est nocif pour la santé : il n’empêche, la filière bois connaît une attirance qui ne se dément pas, notamment dans les départements forestiers de l’Orne, de l’Eure et de la Seine-Maritime.
  • Enfin, on observe un recul de la production hydro-électrique depuis l’absurde entreprise d’arasement des barrages du Sud-Manche.

 

LA DÉFENSE DE L’ENVIRONNEMENT PASSE PAR LA SANTÉ DES COURS D’EAU

 

Si nous trouvons regrettable la destruction programmée des barrages de Vézins et de la Roche qui boit en ce sens qu’ils régularisaient les cours capricieux de la Sée et de la Sélune et produisaient une énergie authentiquement renouvelable, nous apprécions le recalibrage de certaines rivières et fleuves côtiers. Ainsi la Calonne – Eure et Calvados – retrouve son caractère naturel. Il en est de même de certains cours d’eau du Pays de Caux, dont les débordements ont souvent constitué des excès générateurs de dégâts.

Nous avons appris – ce n’est pas un scoop – que la Seine était une poubelle, un véritable égout, même si, d’après certains observateurs, on constate un léger mieux dans ce réceptacle de toutes les pollutions urbaines. Il paraît, nous dit Liberté-Dimanche, que la lutte contre toutes les formes de pollution du fleuve « n’est pas une priorité » : si tel est le cas, c’est une grave erreur et le Mouvement Normand et l’Organisation Normande de Défense de l’Environnement en font, au contraire, une ardente obligation. Voilà un vrai thème de campagne pour les futures compétitions électorales et l’on remarquera qu’un tel sujet transcende les querelles partisanes…

 

CELA BOUGE DANS LE DOMAINE DE LA FORMATION INITIALE ET CONTINUE

 

  • On attend avec curiosité les résultats de la réforme de l’apprentissage qui prévoit une re-centralisation des formations jusqu’alors confiées aux Régions. Il nous semble que c’est l’inverse qu’il eut fallu faire.
  • On parle de plus en plus de la fusion des universités normandes au sein d’une Université de Normandie : les responsables se parlent, c’est déjà ça !
  • En attendant, on envisage une extension du campus du Madrillet. L’ensemble de la communauté universitaire normande entre, pour la première fois, dans le classement des universités dans le monde. À un rang modeste, il est vrai : huit-centième sur 1 250 répertoriées dans le monde (classement World university rankings). Des grandes écoles normandes progressent : l’École de Management a maintenant une antenne à Oxford, un master numérique est offert à un doctorant de l’École supérieure agricole UniLa salle de Rouen.

 

LES MOBILITÉS, UNE PRÉOCCUPATION CONSTANTE

 

  • Ces dernières semaines, les projecteurs se sont portés sur l’état des ponts, suite à la catastrophe de Gênes. 23 ponts en France doivent être rénovés (ou supprimés et remplacés). En Normandie, seul le viaduc de Calix, à Caen, suscite des inquiétudes. Il est déjà en cours de réparation… On parle de la suppression des barrières de péage sur l’Autoroute de Normandie… mais le péage continuera à être perçu à chaque sortie. À quand la suppression des péages sur des autoroutes qui ont été rentabilisés depuis longtemps. Quand on pense, qu’en plus, les sociétés privées d’autoroutes sollicitent les collectivités locales pour les travaux qu’elles y entreprennent, on a l’impression que l’on se moque de nous…
  • Meilleurs rendements des aéroports de Caen-Carpiquet et de Deauville-Normandie. Le premier enregistre une progression de 1 000 passagers et s’ouvre vers Pau et Genève, le second connaît une croissance dans le fret des chevaux et le recours à l’aviation privée.
  • Pour les communications immatérielles, notons la promesse qu’en 2025, 95 % de la Manche sera connectée. Pour l'instant, d'après une étude du comparateur d’offre internet Zone ADSL qui a publié son baromètre de la couverture fibre et d’accès au très haut débit, le département se classe en 90e position, tout en bas du tableau !
  • En matière ferroviaire, le patron de SNCF – Réseau, Patrick Jeantet, est venu à Rouen nous expliquer « pourquoi ça coince « sur les lignes T.E.R. Cela, paraît-il, fait avancer les choses… L’État confirme son intérêt pour la L.N.P.N… sans apporter un fifrelin et donner un calendrier. On fait rêver les gens avec le SPACE TRAIN qui pourrait relier Paris au Havre en… 17 minutes : c’est une dérision supplémentaire. À l’inverse, l’expérimentation d’un train roulant à l’hydrogène en Allemagne ne nous laisse pas indifférents.
  • Enfin, une satisfaction : le Centre de maintenance de la SNCF, à Sotteville, prend forme…

 

MUTATIONS ET SUCCÈS ÉCONOMIQUES

 

  • Le Havre, capitale de l’économie positive : une nouvelle fois le LH – Forum, véritable rendez-vous international des villes et territoires positifs, a connu un grand succès.
  • À Colombelles, dans la Grande Halle de l’ex-SMN, des start-up s’implantent.
  • On relève 85 400 points d’accès aux services en Normandie, soit plus de 7 000 en 5 ans. Le rang de la Région reste cependant modeste.
  • Les ateliers de maroquinerie de luxe sont largement implantés en Normandie : dans Ouest – France du 30 septembre en fait le relevé…
  • Une usine ultra-moderne de raffinerie d’huile OLVEA vient d’être inaugurée près de Fécamp et DIAMOND, leader français du caillebottis, s’étend à Glos, près de Lisieux.
  • On s’interroge sur les perspectives d’avenir de la SILVER ECONOMY : la Normandie vieillit et attire de plus en plus de retraités. Il ne faut pas négliger cette tendance, même si elle ne traduit pas un grand dynamisme démographique (à ce sujet, les résultats des derniers recensements montrent que la Normandie perd légèrement des habitants, que beaucoup de jeunes partent et les anciens qui viennent ou reviennent ne compensent pas cette perte de substance et de dynamisme).
  • Le 100lancement d’Ariane V montre la fiabilité du Centre de Vernon où l’on y fabrique les moteurs. On pense déjà à Ariane VI.
  • Le tourisme normand a connu une belle progression cette année : nous en ferons l’exégèse dans une prochaine livraison.

 

NOUVELLES COLLECTIVITÉS ET AGITATIONS PRÉ-ÉLECTORALES À L’AVANT-VEILLE DES PROCHAINES MUNICIPALES

 

Une nouvelle géographie administrative se met chaotiquement en place avec des fusions de communes (ex : Pont-L’ Évêque et Le Coudray-Rabut), de nouvelles C.D.C. – communautés de communes – (ex : Quettreville-sur-Sienne), avec des changements de noms (ex : la CDC Blangy – Pont-L’Evêque devient Terre d’Auge)… Mais tout ne va pas dans le même sens : il y a du remue-ménage dans le Roumois-Nord, certaines communes veulent quitter l’instance… On ne dénombre plus dans la presse la liste de ces mutations et cela va aller en s’accélérant à l’approche des municipales de 2020. Le phénomène déroute les citoyens, mais, à bien y regarder, ces nécessaires mutations sont souvent dictées par le bon sens et l’efficacité. Bien entendu, il y a des calculs politiciens auxquels les autorités préfectorales ne sont pas toujours étrangères. Ainsi, dans la constitution de la Communauté Urbaine du Havre, il y a eu une algarade entre Fabienne Buccio, préfète de Région, et Denis Merville, président des maires de la Seine – Maritime et lui-même maire Sainneville. Ce dernier a reproché à Madame la Préfète son dogmatisme et le fait qu’elle soit aux ordres des autorités supérieures (i-e, sans doute faisait-il allusion au Premier Ministre, ancien maire du Havre). Mme Buccio, vexée, a répliqué sèchement « qu’elle n’était pas aux ordres ». Réponse étrange : un préfet n’est-il pas un agent du Gouvernement chargé d’appliquer la politique de celui-ci ? L’algarade en dit long sur les rapports entre les Élus et la haute administration.

Mais c’est aussi le moment des grandes manœuvres pré-électorales : la succession d’Yvon Robert, à Rouen, est ouverte et se pose la question des relations entre la Ville – Centre et la Métropole de Rouen – Normandie. De pleines pages de Paris-Normandie s’interpellent à ce sujet. Le match sera passionnant… ou dérisoire !

 

IL SE PASSE TOUJOURS QUELQUE CHOSE AU CONSEIL RÉGIONAL DE NORMANDIE

 

Nous mettrons de côté la querelle Darmanin / Morin : le sous-ministre, en agressant le Président de la Normandie, n’a pas convaincu. Ce qui est excessif ne compte pas ! Plus significative semble la bouderie survenue à l’occasion du congrès de l’Association des Régions de France, à Marseille, entre Hervé Morin et Édouard Philippe. D’un côté, le girondin, de l’autre, le centralisateur… qui n’a pas toujours tenu le même discours. C’est un problème de fond sur lequel nous reviendrons.

Morin a accentué la pression sur le problème de la gouvernance des ports de la Basse-Seine et leur éventuelle « régionalisation ». Fin de non-recevoir gouvernementale.

Cela étant, train-train habituel de la collectivité régionale :

  • La Région investit 15 millions d’euros pour l’hydrogène (en cinq ans).
  • La Région fait fonctionner son guichet unique pour l’export.
  • La Région investit 1,38 million d’euros pour la formation professionnelle des détenus libérables.
  • La Région consacre 350 millions d’euros pour adapter les formations aux entreprises.
  • La Région réserve 250 000 euros pour le Pôle de Santé de Saint-Valery – en – Caux et 300 000 euros pour la Fondation Charles Nicolle (C.H.U. de Rouen)
  • La Région promeut de nouvelles offres de formation dans le secteur Flers – Argentan, dans le secteur d’Alençon.
  • La Région soutient un nouveau service de co-voiturage avec l’organisme Keros.

D’autre part Hervé Morin est intervenu lors du conflit de la « guerre de la coquille », prônant une solution d’apaisement « pérenne ».

Enfin le Président de la Normandie a rencontré le Gouverneur général de la Région d’Ispahan, en Iran : la discussion a évidemment porté sur les relations commerciales entre la Normandie et l’Iran menacées par le blocus imposé par les Américains. Le maintien de relations courtoises avec son homologue iranien est précieux pour l’avenir.

 

Le 26 septembre dernier, le contre-amiral Thierry Catard, adjoint organique à Brest de l’Amiral commandant la Force d’Action navale, a remis à l’équipage de conduite de la frégate FREMM « Normandie » son fanion. C’est un drakkar qui a été choisi comme motif pour orner le fanion de l’unité.

« Vecteur maritime de la conquête de la Normandie par les Vikings, le drakkar symbolise le combat (…). C’est un appel à aller de l’avant, en équipage et en cadence »,

précisé le contre-amiral Catard. Nous n’avons rien à ajouter !

 

5 octobre 2018

 

 

  • P.S. : Nous recherchons des correspondants dans tous les Pays Normands, plus particulièrement dans l’Orne. Si vous êtes intéressés, téléphonez-moi : 09 84 48 22 07, ou écrivez-moi : Guillaume Lenoir, , c/o O.D.I.N., 87, rue de la République, 76 940 La Mailleraye sur Seine, commune nouvelle d’Arelaune en Seine.

Guillaume LENOIR
Assisté de Thierry Langlois et Edwige Le Forestier 

OFFICE DE DOCUMENTATION ET D’INFORMATION DE NORMANDIE
87, rue de la République
76940 La Mailleraye sur Seine
Commune nouvelle d’ARELAUNE EN SEINE

La Rédaction