Connectez-vous S'inscrire
Mercredi 3 Septembre
TVNC

Bienvenue sur TVNormanChannel, web télé de notre monde normand.


Une mémoire longue, un devenir évident, un avenir compromis : la Normandie face au defi du projet « Grand Paris – Paris La Mer »

Vendredi 21 Janvier 2011

Texte dédié à M. le Professeur François GAY


Une mémoire longue, un devenir évident, un avenir compromis : la Normandie face au defi du projet « Grand Paris – Paris La Mer »


L’année 2011, plus que les précédentes peut-être, devrait être déterminante pour la définition du projet normand apposé (nous avons bien écrit « apposé » et non « opposé ») au projet du « Grand Paris – Paris – la mer »… pour peu que les autorités socialistes qui dirigent les deux conseils régionaux normands ne commettent pas l’erreur de vouloir préalablement leur hypothétique victoire de 2012 ou même leur succès aux élections régionales de 2014, pour agir.

L’histoire repasse rarement les plats et ce qui n’est pas entrepris aujourd’hui se révèle irréalisable plus tard. La « prudence normande » (nous dirions plutôt les atermoiements) nous a déjà joué ce genre de tour : en matière d’infrastructures routières, ferroviaires et fluviales, la Normandie a dû attendre le XXIè siècle pour les réaliser, lorsque les autres régions connaissaient la fin de leur relatif enclavement au cours du dernier quart du XXè siècle… Et c’est ainsi que le tracé de la ligne ferroviaire Paris – Le Havre date de… 1843 et que le contournement routier de Rouen n’est pas encore effectif, faisant de cette agglomération de 500 000 habitants la seule exception de France en la matière…


Le Président de la République a lancé dans un fameux discours prononcé au Havre l’idée d’un aménagement majeur du territoire du Bassin Parisien, dont la complexité est telle, l’ambition si vaste que l’on hésite sur sa dénomination : « le Grand Paris », « Paris – la mer », que d’aucuns résument à tort sous des oripeaux annexes, « Seine d’avenir », Seine Gateway », « Axe Seine », la plupart réducteurs ou dédiés à des fonctions particulières… Nous n’entrerons pas dans ces querelles sémantiques qui ne sont pas toutes innocentes et nous allons nous efforcer d’embrasser la question dans toute sa globalité, c’est-à-dire le développement à concevoir de la Région – Capitale, concomitant avec celui de la Normandie qui lui est nécessairement complémentaire.


Le Mouvement Normand a déjà abordé cette problématique, notamment dans le n° 315 de L’Unité Normande (juillet 2010), dans lequel nous analysions à la fois le colloque « Seine d’Avenir » du 4 mai 2010 et le rapport de la Commission présidée par Jacques Attali (« Paris et la mer. La Seine est Capitale », éditions Fayard)… Il s’agit maintenant de replacer la question dans son contexte historique et géopolitique et de mettre en évidence les éventuels freins qui pourraient faire de la Normandie un territoire plus ou moins colonisé, « agi » plutôt qu’agissant, mettant ses populations dans un état de subordination et de désespérance.



I.  UNE MEMOIRE LONGUE…


2011 est l’année du XIè centenaire de la naissance de la Normandie… normande… Nous remonterons même plus loin : les Romains avaient compris – avant même que le bourg de Lutèce ne devienne Paris – que la Seine était un axe majeur de pénétration vers le centre de la Gaule et, en bons stratèges, voulaient protéger son estuaire en s’appuyant sur les môles du Pays de Caux et du futur Cotentin… C’est ainsi qu’ils créèrent la Seconde Lyonnaise, dans laquelle s’inscrivit la Province Ecclésiastique de Rouen, écrin de la future Normandie.

L’événement de 911 n’est pas qu’anecdotique : il fixe les termes d’une nécessaire et pérenne relation entre le pouvoir central, issu des dynasties mérovingienne et carolingienne, et qui, petit à petit, a choisi Paris comme centre du Royaume, et le territoire qui, par l’estuaire de la Seine et les côtes qui l’encadrent, maîtrise l’accès à la mer et la pénétration du continent aux influences maritimes… Faisant du chef normand Hrolfr – Ganger (Rolf le Marcheur, Rollon, Robert 1er) le gardien de l’estuaire en le nommant Comte de Rouen, Charles III le Simple détermine – jusqu’à nos jours – la nature des relations entre Paris (pouvoir central) et la Normandie (puisque tel est le nom donné au territoire concédé aux premiers comtes – ducs de la famille des Rollonides) : complémentarité, nécessaire coopération, coexistence essentielle…

Pour en finir avec cet héritage historique, disons, en raccourci que, même au plus fort de l’antagonisme entre Capétiens et Plantagenêts, il ne fut pas contesté l’appartenance de la Normandie au Royaume de France et que les querelles entre les « marchands de l’eau » de Paris et les armateurs rouennais montraient, à l’évidence, qu’il s’agissait d’une compétition commerciale pour le contrôle des échanges sur le même Axe Seine.


De la fondation du Havre par François 1er aux travaux entrepris par Louis XVI à Cherbourg, la monarchie – bien que rarement tournée vers les choses de la mer – a manifesté son intérêt pour la vocation maritime de la Normandie, fenêtre du Bassin Parisien ouverte sur le monde. L’Empereur Napoléon 1er l’a bien compris, qui voyait dans la Seine une rue reliant la Capitale aux ports de la Basse – Seine. Le XIXè siècle a amplifié la complémentarité entre la région parisienne et la Normandie, qui en était la ferme d’élevage, l’expression balnéaire et l’impression artistique, notamment picturale.


Les avatars du XXè siècle (première guerre mondiale : les ports normands boulevards des Alliés, événements de 1944, décentralisation industrielle de l’après-guerre) ont accentué la symbiose (si l’on est optimiste) ou la dépendance (si l’on est réaliste) de la Normandie par rapport à la Région – Capitale. Et c’est précisément là que réside le problème de cet héritage historique, à la fois prégnant et de plus en plus déséquilibrant : la conurbation parisienne devenant boulimique et asséchant le dynamisme du partenaire normand.


Bien entendu, les habituels contempteurs de l’histoire ricaneront de ce rappel (pourtant bref) des rapports les plus lointains entre cette centralité et sa périphérie maritime, mais mieux vaut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va et du passé ne jamais faire table rase…



II. UN DEVENIR EVIDENT…


Le Mouvement Normand a fustigé en son temps les théories du sieur Grumbach sur sa conception nullement normande de l’expansion de la Capitale vers la mer : c’est à cette occasion que nous avons dénoncé la notion de « Normandie utile » (une bande de quarante kilomètres de large de part et d’autre de la Seine) qui laisserait le reste du territoire normand au rang de « ploukistans », plus ou moins abandonnés à eux-mêmes, réserves d’Indiens offertes à l’appétit glouton des Parisiens en goguette… Donc, le rapport Grumbach n’a en rien été notre tasse de thé, mais nous en avons retenu un des prétextes initiaux : une Capitale à vocation mondiale doit s’étendre jusqu’à la mer pour participer pleinement à l’économie – monde et y tenir un rôle éminent. Autrement dit, Paris se trouve à la croisée des chemins : ou bien l’agglomération parisienne devient une énorme conurbation nucléaire tendant à ressembler à Mexico, modèle parfait et inquiétant d’un développement urbain digne du Tiers - Monde, ou bien Paris se trouve un nouveau dynamisme et un véritable avenir en se donnant une vocation maritime…

Bien que l’on cherche à le cacher, c’est un véritable aveu mettant Paris dans une position de solliciteuse : l’avenir de Paris dépend de son accès à la mer, mais la géographie et l’histoire parlent, il faut bien en passer par la Normandie qui, plus que jamais, jouit d’un capital de situation exceptionnel.


Parce que la puissance, notamment financière, et les rênes de la gouvernance se trouvent présentement entre les mains parisiennes, on présente le projet du « Grand Paris – Paris – la mer » comme une volonté parisienne de maîtrise de son devenir. En réalité – et cela, les Normands semblent l’ignorer – la clef de ce développement métropolitain vers la mer se trouve dans la bonne volonté normande d’être partie prenante du projet global. L’occasion est unique pour la Normandie de retrouver sa vocation initiale de région tournée résolument vers la mer et d’exiger un véritable partenariat avec la centralité parisienne. Certes, il y a, et il y aura toujours, disproportion démographique et financière entre Paris et la Normandie, mais il y aura aussi toujours l’incontournable avantage pour la Normandie d’être maritime alors que Paris restera essentiellement continentale. Si Paris veut devenir une Capitale mondiale, elle a donc besoin de la Normandie qui, seule, peut lui donner une dimension maritime. Paris, donc, ne peut imposer un développement selon l’esprit Grumbach avec son couloir séquanien seulement pris en compte, mais la Capitale doit accepter la perspective d’un véritable partenariat entre son actuelle centralité et l’estuaire normand.


Pour la Normandie, par conséquent, la problématique se résume entre deux attitudes et deux conceptions de son devenir.

Ou bien – situation actuelle – nous restons dans un état subalterne de dépendance, attendant le bon vouloir du pouvoir central, que Paris a littéralement confisqué, et qui ne donnera que chichement les moyens financiers d’un développement du couloir séquanien, ou bien la Normandie, partie prenante du projet « Paris – la mer », s’estime en position d’exiger du pouvoir central qui, là, n’aura en vue que l’intérêt national et non plus seulement parisien, les moyens d’obtenir les financements pour le développement, au cours du XXIè siècle, d’un estuaire normand. Estuaire normand dont les pointes sont Vernon au Sud, Dieppe à l’Est et Cherbourg, à l’Ouest (cela correspond à la plus grande partie de la Normandie, le souci de celle-ci devra alors de promouvoir une solidarité constante avec ses marges non comprises dans le « Grand estuaire » dessiné ci-dessus). Il faut cesser de quémander les miettes du développement du « Grand Paris », nous devons exiger notre part, toute notre part, de la transformation d’une région – capitale encore trop continentale en un ensemble à prétention mondiale s’appuyant sur son ouverture maritime.


Cela suppose une véritable révolution mentale chez les Normands du XXIè siècle : il faut rompre avec le long lamento d’une Normandie dévalorisée par l’exode rural du XIXè siècle, d’une Normandie foudroyée par les destructions de la bataille de l’été 1944, d’une Normandie dépossédée de ses centres de décision par son inepte division des quatre dernières décennies : la Normandie du XXIè siècle est l’une des zones de l’Europe appelée à un développement « à la chinoise » par le basculement du dynamisme parisien vers la mer. Cela suppose un changement de braquet dans l’exposé des ambitions normandes et, tout d’abord, une rupture du schéma infrastructurel des communications. Il ne s’agit plus seulement d’améliorer ou de renforcer le réseau ferroviaire qui date, dans sa conception, du XIXè siècle, mais de créer de nouvelles lignes sur de nouveaux tracés. L’exemple, pour une fois, vient du routier : l’autoroute de Normandie, conçue dans les années soixante, s’est affranchie du réseau des routes nationales et a eu l’ambition de desservir à la fois Rouen, Caen et Le Havre par la rive gauche de la Seine. La L.G.V. envisagée – et pour laquelle s’ouvrira en 2011 un Débat Public – devra peu ou prou adopter un tracé de ce genre, mais la rupture ne serait pas complète si, dans le même temps, une L.G.V. des estuaires ne venait structurer perpendiculairement la L.G.V. Paris – Normandie. Même ambition dans le portuaire et le fluvial. La direction en est prise. Les G.P.M. du Havre et de Rouen coopèrent maintenant étroitement avec le Port Autonome de Paris et les rives de la Seine voient se développer des zones logistiques multimodales (en espérant que celles-ci ne se créent pas uniquement en amont de Vernon !), tandis que les complémentarités entre Le Havre et Caen-Ouistreham, d’une part, Rouen et Cherbourg, d’autre part, se finalisent. Nous n’en sommes plus à la vieille revendication du Mouvement Normand portant sur un Directoire des Ports Normands. Les lignes ont bougé : l’individualisme de chacun de ces ports s’estompe, la séparation du fluvial et du maritime est dépassée ; la multimodalité n’est plus seulement un objectif plus ou moins écologiste visant à la réhabilitation du ferroviaire au détriment du routier.


Pour pouvoir se comparer ou pour pouvoir devenir partenaire, il faut être. La Normandie n’échappera pas à cette exigence. Au lieu de n’attendre bon bec que de Paris, la Normandie doit retrouver les forces spirituelles et culturelles qui en firent longtemps un pays de sapience et cela suppose que la Normandie redécouvre l’originalité de sa culture et de son identité. En cette année du XIè centenaire de la Normandie… normande, cette ambition prend tout son sens et le rôle d’interface de la Normandie entre la francité et l’anglo-saxonnité toute son importance. La démarche entreprise par la Normandie dans le cadre de l’espace Manche trouverait – nous employons le conditionnel – toute sa pertinence si, corrélativement, les autorités régionales déployaient les efforts nécessaires pour promouvoir l’identité et la culture normandes qui a tellement influencé les nations bordières de la Manche.


Restent les moyens financiers à trouver pour mener à bien la mutation d’une Normandie dépendante et appendice d’une agglomération parisienne boulimique en une Normandie partenaire, modernisée, redevenue conquérante et sûre d’elle-même. Exiger du pouvoir central notre dû et non pas les miettes du projet du « Grand Paris - Paris – la mer » trouvera vite ses limites car les ressources de l’Etat, impécunieux, sont limitées. Il faudra donc se tourner vers des financements extérieurs, y compris étrangers. Cela peut faire peur, mais constatons qu’aujourd’hui des fonds souverains extra - européens s’investissent dans des plates-formes portuaires du Sud méditerranéen de l’Europe et que les ports de la Basse Seine doivent en soutenir la concurrence, offrant pourtant les perspectives d’un développement attirant dans le cadre du projet « Grand Paris – Paris la mer ». On nous dira que nous nous plaçons résolument dans le contexte de la mondialisation des échanges et que nous sacrifions en l’occurrence à l’idéologie mondialiste : rien n’est plus faux. Nous sommes réalistes et nous voulons que la Normandie retrouve sa vocation première de région d’échanges : dès lors, nous devons considérer que nous ne sommes plus seuls dans notre dialogue par trop léonin avec Paris et que nos partenaires commerciaux ont quelque intérêt à vouloir participer à notre développement. L’Etat français n’est pas capable à lui seul d’assurer ce développement : nous devons accepter l’idée de ne plus dépendre totalement de lui au plan financier et nous devons par nous-mêmes trouver des partenaires financiers sans passer par le filtre et le contrôle stato -parisiens. L’urgence est donc d’obtenir de l’Etat la faculté de traiter directement avec des partenaires extérieurs. Sait-on, par exemple, que des fonds souverains considérables sont disponibles en Norvège ? Serons-nous les seuls, en Europe, à ne pas chercher à les intéresser par des perspectives de développement particulièrement alléchantes ? Encore une fois, ce n’est pas par des ambitions rabougries que nous intéresserons le monde, mais, bien au contraire, par des projets audacieux, de grande ampleur, dignes des perspectives suscitées par la grande idée du « Grand Paris – Paris la mer ».



III. UN AVENIR COMPROMIS…


Cependant, ne chevauchons pas des chimères. La situation présente ne porte pas à l’optimisme béat. Il va falloir réveiller la Normandie. Et tout d’abord la rendre plus unie et plus solidaire. Sans la réunification de la Normandie, il ne peut y avoir d’approche globale de la place que peut prendre la Normandie dans le projet « Grand Paris – Paris la mer ». L’actuelle division – entretenue par quelques potentats locaux, aux egos surdimensionnés, uniquement préoccupés par leurs réélections prébendières – conduit tout naturellement à subordonner la Normandie aux projets parisiens : l’hypothèse Grumbach apparaît alors la plus cohérente et ce sera véritablement la fin de la Normandie. Nous subirons le « Grand Paris » et aurons le choix entre la banlieusardisation du couloir séquanien et les espaces désertifiés et pantelants des « pays » normands abandonnés à eux-mêmes. Le refus de réunifier la Normandie est présentement criminel. Il masque la réalité d’un manque d’ambition et, surtout, d’anticipation. Les arguments selon lesquels l’idée de réunification vient bien après les préoccupations sociales des Normands témoignent d’un esprit à courte vue. Les emplois de demain résident dans les perspectives maîtrisées de développement de la Normandie partenaire de la Capitale dans le projet « Paris – la mer ». Ce qui signifie en clair que seul un partenariat obtenu par la Normandie rassemblée pourra offrir aux jeunes Normands toute la gamme des professions issues de ce grand projet, qui ne devrait pas se réaliser sans nous. Sinon, que l’on ne s’étonne pas – aujourd’hui et demain – du départ d’un jeune Normand diplômé sur quatre (et bientôt combien ?), contraint d’aller faire sa vie ailleurs sans espoir de retour. Perte de substance dramatique que les actuels dirigeants des deux pseudo - régions normandes taisent à l’envi… car les absents ne sont plus là pour être des reproches vivants… et votants. Quand dira-t-on la vérité sur le coût de la division normande, son manque à gagner et sa traduction en termes de points de chômage supérieurs à la moyenne nationale ou en termes de moindres réussites aux examens, qui plombent la vie des Normands ? L’écrémage systématique des élites normandes engendre un moindre dynamisme de la Normandie, son absence d’ambition, de projet, de fierté. Les actuels dirigeants des deux régions - croupions – en cela de la même eau que les dirigeants d’hier – rejettent sur l’Etat la responsabilité de leur médiocrité. En fait, ils en vivent et elle leur permet de se maintenir aux affaires en cultivant le désespoir des masses populaires auxquelles ils n’assignent aucun projet de dépassement. Ils gèrent. Cela leur suffit. Et pendant ce temps-là, la Normandie décroche.


Certains d’entre eux, en cette année du XIè centenaire de la naissance de la Normandie… normande refusent de participer à ces manifestations de fierté normande retrouvée : n’en doutons pas, ils savent très bien qu’il ne faut pas redonner aux Normands le sens de la grandeur et de l’ambition qu’ils possèdent en héritage car cela montrerait trop visiblement combien ils sont petits, mesquins, dépourvus d’un minimum de visions d’avenir. Ils signent par là - même une véritable incompétence – le mot n’est pas de nous… - à diriger une collectivité, municipale ou régionale, vers un devenir digne d’un passé prestigieux et à relever les défis du siècle qui commence. Médiocres ils sont, médiocres ils resteront.

L’autre danger qui compromet notre avenir réside dans la conception mortifère d’une pseudo-défense de l’environnement qui entrave toute perspective de développement et provoque les réticences de tous ceux qui veulent entreprendre. L’obstruction d’associations de soi-disant écologistes, nantis, qui veulent empêcher la réalisation d’un tunnel ferroviaire sous l’estuaire de la Seine est l’exemple même du message négatif destiné à montrer que les Normands – pas tous heureusement – ne sont pas prêts à prendre leur destin en mains, à affronter les défis de l’avenir, à proposer autre chose qu’un vague statu quo démotivant et sans imagination. Ils étaient contre hier le Pont de Normandie, ils sont contre le tunnel ferroviaire sous l’estuaire aujourd’hui : la réalité, c’est qu’ils veulent jouir en toute quiétude d’une rive gauche de l’estuaire vouée, selon eux, à leurs résidences de retraités. Tant pis pour les jeunes qui iront se faire pendre ailleurs. Tant pis si le port du Havre devient de moins en moins la Porte Océane de la France et de l’Europe de l’ouest au bénéfice des ports du Northern Range. Nous pourrions multiplier à l’envi les exemples de freins de ce genre qui font douter de la volonté des Normands de s’en sortir et de préparer l’avenir.


La révolution mentale et culturelle à laquelle le Mouvement Normand invite les Normands suppose « de l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace » pour paraphraser un célèbre révolutionnaire.


En serions-nous à ce point dépourvus ?



Didier Patte

Président du Mouvement Normand


Rédaction Tvnc