Connectez-vous S'inscrire
Lundi 24 Novembre
TVNC

Bienvenue sur TVNormanChannel, web télé de notre monde normand.


Le véritable camembert veut protéger son origine

Vendredi 15 Avril 2011

Communiqué hebdomadaire du Mouvement Normand


Le véritable camembert veut protéger son origine
C’est le titre à peine déformé d’un récent article du journal Ouest-France (24 mars 2011). Nous n’avons changé que l’adjectif : là où nos confrères écrivent « vrai » camembert… nous préférons le mot « véritable » qui, jadis, figurait sur les boites de camembert : « véritable camembert de Normandie ». C’était une époque où, certes, il se faisait des camemberts dans les régions adjacentes (du Maine, de l’Oise normande, de Bretagne gallèse notamment), mais on tenait à rappeler que l’origine géographique conférait au camembert normand une authenticité d’autant plus grande que le lait dont il était fait provenait du cheptel normand, constitué en majorité de vaches de race normande.

Aujourd’hui, les laits sont de provenances diverses et les techniques traditionnelles ont fait place très souvent à des process industriels qui banalisent le produit, en limitent la typicité, en dévalorisent la réputation.

Ce produit est le fleuron de l’image de la Normandie : aussi faut-il souligner la sage décision prise le mois dernier par les professionnels (producteurs laitiers et fabricants) au sein de l’organisme de défense et de gestion de l’A.O.C. « Camembert de Normandie » qui, par leur vote du 15 mars 2011, ont ordonné la disparition de la mention « Fabriqué en Normandie ».
Comme le souligne le Comité de Défense du Véritable Camembert sur son site, il aura fallu près de vingt ans après la publication du règlement (C.E.E.) n° 2081/92 du Conseil de l’Union Européenne du 14 juillet 1992 relatif à la protection des indications géographiques des produits agricoles ainsi que des denrées alimentaires pour voir enfin appliquer un texte destiné à clarifier l’offre pour la défense des consommateurs.

Nous considérons que ce verdict aurait dû être pris depuis longtemps par l’I.N.A.O. pour défendre l’A.O.C. « Camembert de Normandie » et, ainsi, éviter la confusion créée dans le but ultime de tromper les consommateurs.

Le Mouvement Normand, aux cotés du Comité, sera vigilant pour surveiller que ce vote ne reste pas lettre morte et ne soit pas considéré comme un simple vote d’intention sous la pression des transformateurs. Ceux-ci ne manqueront pas de faire un chantage à la délocalisation de l’emploi local pour continuer à fabriquer des camemberts avec des laits chauffés – pasteurisés ou thermisés – de toutes origines au détriment des producteurs de lait normand. Ceux-là doivent tenir bon car il y va de leur avenir.

Tout le monde est d’accord, les Américains les premiers, pour distinguer deux types de laits crus. Rappelons que le vocable « lait cru » n’est apparu qu’à partir de la commercialisation du lait pasteurisé et qu’aujourd’hui sa définition demeure volontairement floue.
Le véritable camembert nécessite du vrai lait de vaches de race normande nourries à l’herbe de nos prés comme le veut la tradition séculaire.

Cela détermine son futur et le respect de la diversité des goûts des consommateurs.

Après avoir donné au monde tant de bonnes choses, le véritable camembert de Normandie est aujourd’hui notre figure de proue, connu et apprécié du monde entier ! Il nous appartient de l’apprécier, de le valoriser et de le défendre !

Concordance de démarche : selon le journal Paris-Normandie, en date du 12 avril 2011, le Syndicat du Neufchâtel (autre A.O.C. de fromage normand) désire que ce fromage du Pays de Bray soit fabriqué d’ici à 2019 avec des laits provenant à 60 % au moins de vaches de race normande. Présentement le cahier des charges de cette A.O.C. n’en exige que 20 %. Ce recours exigé d’un lait de qualité spécifique s’explique par la teneur butyrique élevée du lait des vaches normandes, supérieur en ce domaine à toutes les autres races d’élevage. De même, le Syndicat du Neufchâtel, créé en 1957, reconnu organisme de défense, de gestion et de promotion, qui regroupe trente producteurs et produit 1 500 t. de fromages par an, émet une autre exigence de traçabilité : mettre en évidence l’absence d’O.G.M., respecter la part d’ensilage dans l’alimentation des bovins, limiter enfin l’utilisation du sel dans la fabrication des fromages.

La « normandisation » des laits et le respect strict des exigences du cahier des charges d’une A.O.C., tels sont les chemins de la vraie qualité de ces produits – phares de la Normandie et de la sécurité de revenus pour les producteurs de lait et de fromages.

Roland GERVAIS
Pour le Directorat Vert (Agriculture – Productions agricoles et agro-alimentaires)
du Mouvement Normand

Rédaction TVNC