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Le n°51 de Culture Normande vient de paraître

Jeudi 21 Juin 2012

L'Office de Documentation et d'information de Normandie (ODIN) vous propose une nouvelle parution de son magazine phare.


Le n°51 de Culture Normande vient de paraître
Les Salons du Livre, môles de résistance de l’écrit imprimé

Au cours de ce printemps 2012, particulièrement arrosé, le succès des salons du livre ne s’est pas démenti. Dans de nombreuses villes, dans de petites bourgades, des municipalités, des associations, des médiathèques ont organisé ces rencontres dans lesquelles des auteurs, des éditeurs, des revues, des bibliothèques sont allés au-devant du public… ou plutôt d’un certain public aux yeux duquel le livre garde son grand pouvoir d’attraction et de séduction.
 
Y a-t-il trop de salons du livre ? Peut-être, puisque l’on ne peut assister à tous ; non, si l’on considère qu’ils sont autant d’actes de résistance de l’écrit imprimé en face des autres modes d’expression se disant plus modernes. Les salons du livre connaissent un succès d’autant plus grand qu’il pallie la disparition inquiétante des libraires. Combien de petites villes viennent-elles de voir disparaître nombre de librairies de quartier, voire de librairies spécialisées ? À se demander si, dans des zones de plus en plus vastes, les habitants n’ont plus que les marchands de journaux pour se retrouver au contact des livres, et encore ce ne sont que les ouvrages de cette infra - littérature que l’on appelle « la littérature de gare », quelquefois de qualité non négligeable d’ailleurs.
On a condamné bien vite le livre, le vrai, celui que l’on peut feuilleter, tenir entre ses mains au profit des œuvres que l’on peut approcher sur l’ordinateur. Nous ne condamnerons pas les nouveaux modes de transmission, mais, de grâce, que l’on n’enterre pas trop vite les bons vieux bouquins qui gardent – nous nous répétons à dessein – leur part de rêve.
 
Et puis, il y a les auteurs que l’on approche dans les salons du livre. La plupart du temps, on les découvre, lorsqu’ils expliquent leurs œuvres, leurs méthodes de travail, leurs façons de s’exprimer ou de se présenter. Ils n’échappent pas alors à la séance de dédicace et les lecteurs, ravis, repartent, livres sous le bras, enrichis du paraphe de l’écrivain. Aspect secondaire du phénomène, dira-t-on, mais aspect essentiel de l’échange qui vient de se produire entre l’écrivain et son lecteur. Ajoutons que nous sommes fascinés par les auteurs de bandes dessinées qui, souvent, en guise de dédicaces, nous livrent des dessins ou des croquis originaux…
 
Quel est le visiteur d’un salon du livre qui n’a pas découvert à un stand ou à un autre un titre, un auteur, auxquels il ne pensait pas avant de venir ?
 
L’utilité – au sens économique du terme, celui de « désidérabilité » - d’un salon du livre n’est plus à démontrer et nous devons remercier tous ceux – institutionnels, associatifs, particuliers – qui organisent de telles manifestations.
 
Pour nous, participants à la rédaction de Culture Normande, qui mettons un point d’honneur à évoquer dans nos colonnes les livres qui paraissent, nous considérons la complémentarité des salons du livre avec l’objectif bibliographique que nous nous sommes assigné et, chaque fois que nous le pouvons, nous participons à ces manifestations sympathiques.
 
Le 18 mars dernier, au Clos Saint Nicolas de La Saussaye, se tenait le troisième salon du livre de cette commune semi-rurale proche d’Elbeuf. C’était la foule. Et une foule passionnée. Manifestement les auteurs en étaient ravis (nous en vîmes plus tard qui parlaient avec émotion de la qualité du public du salon de La Saussaye). Pour notre part, nous y avons rencontré des auteurs – dont nous commentons les ouvrages dans ce numéro de Culture Normande – travaillant dans les genres les plus divers : histoire, roman, poésie, policier, B.D., livres pour la jeunesse, et nous qui sommes pourtant attentifs aux parutions récentes, nous avons trouvé des livres que, jamais, nous n’aurions dénichés, y compris dans les grandes surfaces dédiées…
 
Le 1er avril, nous avons fréquenté les allées du salon du livre de Flers de l’Orne. Réussite exemplaire. Par le nombre et la qualité des auteurs. Par l’organisation impeccable au sein du Forum municipal. Par le thème choisi – les livres pour la jeunesse – qui dominait cette rencontre très suivie par un public très attentif. Voir des gamins participer à des ateliers de calligraphie ou écouter des contes était un sujet de satisfaction. Et quand, à la sortie, des familles repartaient avec quelques livres sous le bras (nous en avons même vues avec des caddies pleins !), on comprenait l’importance de l’impact d’un tel salon. L’animation de ces deux journées (oui, deux jours !), avec ses conférences, débats, murs d’expression – le tout gratuit ! – fut une réussite totale. La presse locale s’en est fait l’écho et les personnes interrogées ont toutes exprimé un réel plaisir. Qui peut contester la nécessité – nous disons bien la nécessité – d’une telle réunion ?
 
Plus restreint, mais tout aussi passionnant, a été le salon du livre, organisé par l’Académie de recherche de M. Leveillard, au Coudray-Rabut, dans le cadre de la ferme-distillerie Drouin. D’accord, il y eut peu de monde ce jour-là (le temps était épouvantable en ce 28 avril), mais la qualité des participants et cette merveilleuse idée de coupler préoccupations littéraires et visite d’une des plus prestigieuses maisons productrices de calvados, produit de très haute et très savante élaboration, montre que le terroir normand recèle des richesses insoupçonnées et des esprits relevés. Le thème de la pomme, signe de cette journée, permit à la fois de glorifier « l’odeur de notre pays » et l’humour des participants.
 
Le 13 mai dernier, enfin, nous étions à Chaumont en Vexin, très beau village d’Ile-de-France, très proche de la Normandie, en compagnie de nombreux auteurs normands qui présentaient leurs œuvres. Beaucoup de monde. Nombreux contacts. Plusieurs découvertes (c’est curieux comme les zones frontières sont prolixes, avec leurs associations culturelles s’abreuvant à leur double héritage, qui fait leur originalité et leur richesse…).
 
Si nous en avions le loisir, ce serait tous les dimanches que nous visiterions un ou plusieurs salons du livre. Non ! Il n’y en a pas trop : espérons que cette mode se pérennise et que, partout en Normandie, des salons du livre s’organisent. Ils redonnent confiance aux amateurs de l’écrit imprimé. C’est tout le mal que nous souhaitons au monde du livre.
 
Michèle Le Flem
 

Rédaction TVNC