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Le n° 47 de Culture Normande vient de paraître !

Mercredi 29 Septembre 2010

L'Office de Documentation et d'information de Normandie (ODIN) vous propose une nouvelle parution de son magazine phare.


Le n° 47 de Culture Normande vient de paraître !
Éditorial : Fier(e)s d’être Normand(e)s, mais pas chauvin(e)s

Oui, je sais, le pluriel englobe tout, et le masculin et le féminin. Mais, juste réparation d’un scandaleux déni de réalité, notamment en matière culturelle : on a trop longtemps « oublié » ou sous-estimé que l’humanité était pour le moins à moitié féminine et je tiens à le rappeler dans le titre de cet éditorial. En grande partie, parce que notre revue fait largement appel à des plumes féminines. Mes amies, souvent compagnes de membres du Mouvement Normand ou elles-mêmes militantes régionalistes, « on » vous a confié le destin de Culture Normande et nous nous sommes entendus pour en faire le lieu d’échanges des éléments féminins de notre équipe, tout en étant ravies de compter parmi nos collaborateurs des amis masculins normands et… non normands.

Une récente et navrante polémique me donne l’occasion de développer cet aspect de notre aventure collective : Culture Normande est bien une revue normande, mais elle ne s’interdit nullement de « sortir du sujet » et d’évoquer des livres ou auteurs qui ont peu de rapports avec la Normandie. Pourquoi ? Parce que nos amis entendent garder l’esprit ouvert et curieux et ils lisent, parmi les ouvrages qui paraissent, des livres qui retiennent leur attention. Ils souhaitent faire profiter nos lecteurs du plaisir qu’ils ont ressenti à les lire.
Mais revenons à cette polémique qui a défrayé la chronique au cours de cet été.

Paris-Match (n° 3194 – 7 août 2010) a complaisamment publié un entretien avec l’écrivain breton Yann Queffélec dans lequel cet auteur, dont les livres ne valent pas – à mon avis – ceux de son père, s’est cru autorisé à faire montre d’un hyperchauvinisme régionaliste et en a profité pour insulter les Normands les qualifiant de « nains », etc.
« Ce qui est excessif ne compte pas » a dit un célèbre diplomate et nous ne nous appesantirons pas sur cette sortie ridicule et mal venue.
Cela me permet (c’est à dessein que je passe du « nous » collectif au « je » personnel, car je donne un avis pouvant très bien ne pas être partagé par tous nos amis)… cela me permet donc de faire part à nos lecteurs de mon point de vue sur la question. Fiers d’être de sa région, c’est bien la moindre des choses et il faut tout faire pour la connaître, dans son patrimoine comme dans ses « hommes et femmes de remarque », comme l’on disait jadis… Ce qu’il faut aussi, c’est la faire connaître. En son sein comme à l’extérieur. Chaque Normand (puisque nous sommes en Normandie) doit se considérer comme un ambassadeur de la région, mais cela ne doit pas aller jusqu’au dénigrement des autres provinces ou même des pays étrangers. Toutes et tous présentent des intérêts variés. Il est possible de comparer, nullement d’imposer une hiérarchie, autrement que selon ses appétences personnelles. On peut préférer le monde méditerranéen aux rivages atlantiques, le « plat pays » aux régions montagneuses, le bocage des provinces de l’Ouest aux aridités somptueuses de la Castille : c’est affaire de goût… et de moments dans la vie. Car un être n’est jamais tout d’une pièce et ses dilections peuvent évoluer ou changer.
J’ai longtemps été frappée par l’intensité des deux aventures concomitantes des Normands de Guillaume à la conquête de l’Angleterre et des Normands compagnons des fils de Tancrède de Hauteville en Italie du Sud et en Sicile : ils étaient tous des Normands de bonne souche mais ils surent s’adapter à des mondes différents et fascinants. C’est tout le contraire du repli sur soi-même, qui n’a d’identitaire que la vision rétrécie d’un enracinement ressemblant à un encroûtement.

Yann Qeffélec se trompe en se lançant dans sa critique forcenée de la normannité : il ne fait en rien progresser la bretonnité en la rendant mesquine.

J’en étais à ce stade de ma réflexion lorsque j’ai reçu l’article de notre ami bruxellois Daniel Cologne dans lequel il commente la réédition du Tableau politique de la France de l’Ouest sous la Troisième République d’André Siegfried par les Editions de l’Université de Bruxelles. Quelle hauteur de vue ! Quelle perspicacité ! Quelle appréhension équilibrée des personnalités affirmées des provinces de l’Ouest de la France, si différentes et si proches en même temps. C’est la meilleure réponse à donner au sieur Queffélec : cher monsieur, relisez André Siegfried !

Michèle Le Flem

Culture Normande.  4 n° par an - 26 €. Le Gab. Les Bruyères. F27290 Écaquelon


Rédaction TVNC