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Le n° 320 de l'Unité Normande vient de paraître

Samedi 2 Juillet 2011

Le Mouvement Normand vous propose le dernier n° de son magazine politique.
Nouvelle maquette, équipe rédactionnelle renforcée, l'Unité Normande fête 2011 !


Le n° 320 de l'Unité Normande vient de paraître
La règle du jeu

Profitons de la très relative trêve estivale pour énoncer auprès de nos lecteurs les grandes lignes de ce qui sera la position du Mouvement Normand lors de la campagne des prochaines élections présidentielles. Ce qui n’implique pas l’attitude qui sera la nôtre au moment des élections législatives : les facteurs locaux devant être pris en considération…
 
La désignation du président de la République concerne tous les Français et porte, théoriquement, sur les grandes orientations politiques du pays pour une période de cinq ans, quinquennat oblige. A ce propos, ouvrons une parenthèse : le passage du septennat au quinquennat n’a pas démontré sa véritable pertinence et nous rappellerons que le Mouvement Normand n’avait pas applaudi à cette révision de la Constitution voulue par le gouvernement de M. Jospin : cinq années ne permettent pas de mener à bien un projet politique, sauf à en entreprendre les diverses actions à marche forcée, donc à bâcler ou le faire à la hussarde. Les réformes, quand elles sont entreprises, ont besoin d’un certain temps de maturation pour être comprises et acceptées… Observation qui, finalement, n’engage à rien puisque nous ne pouvons pas changer de système, de même que, dans la perspective de 2012, nous ne pouvons changer de république. Nous sommes sous la cinquième République qui donne une prééminence, pour cinq ans, à un homme (ou une femme) ayant reçu les suffrages de la majorité des votants lors d’un scrutin à deux tours. Le système du quinquennat suppose que, dans la foulée, l’Assemblée nationale soit élue : d’où, normalement, une convergence pour cinq ans du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif au travers d’une majorité présidentielle. Qu’on nous permette d’insister sur le mot « normalement », car il n’est pas écrit que le résultat des élections législatives coïncident, au plan de la tendance, avec celui des élections présidentielles. Et puis le président ou la présidente de la République dispose toujours du droit de dissolution. Le quinquennat est de trop fraîche date pour que nous en saisissions toutes les conséquences…
Mais revenons à l’essentiel de notre propos : les grandes orientations de la politique française concernent tous les citoyens, de quelque région qu’ils soient et, a priori, cela ne prédispose pas un mouvement régionaliste comme le nôtre à émettre un jugement particulier. Nous laisserons donc aux partis politiques hexagonaux le soin de marquer leurs différences et à la conscience des citoyens que nous sommes de faire le choix de leur poulain (pas facile dans la langue française d’introduire à chaque fois la parité : nous n’écrirons donc pas « pouliche », féminin de « poulain » ! Qu’on nous pardonne : nous sommes un petit peu en vacances et il nous est permis de sourire ! Cependant, on peut observer que notre langue, dans ses expressions toutes faites, est très… sexuée !)… D’autre part, il en est de même des options concernant les fonctions régaliennes de l’Etat et que pilote un président de la République : elles ne concernent pas directement les régionalistes… sauf que la forme de l’Etat (centralisé ou décentralisé, régionalisé et / ou départementalisé, déconcentré ou non) interpelle directement l’un des six points fondamentaux du programme du Mouvement Normand : la promotion d’un pouvoir régional authentique. Et puis, dans le même ordre d’idées, se pose la question de la supranationalité installée petit à petit par l’Union Européenne. C’est elle qui remet le plus en cause les fonctions régaliennes de l’Etat (et non la régionalisation, comme le prétendent certains jacobins attardés). Quand on voit comment les fonds européens sont redistribués en France vers les régions par le truchement de l’Etat central et comment ils parviennent directement vers la Catalogne (pour prendre un exemple précis), on comprend vite que la forme centralisée de l’Etat français fait écran et empêche l’extension d’une responsabilisation des collectivités régionales. Dont le budget, d’ailleurs, dépend à plus de 80 % des dotations étatiques.
C’est pourquoi, si la campagne permet de véritables débats d’idées (On peut en douter, hélas, si l’on considère les navrantes péripéties de la pré-campagne…), il faudra être attentif aux programmes des uns ou des autres, concernant l’évolution de la politique souhaitée en matière de décentralisation. Pour être plus précis, et si l’on ne tient compte que des projets affichés par le Sortant ou par le candidat du P.S. (challenger du second tour le plus probable), il y aura lieu d’étudier de près, d’un coté, la mise en application de la réforme des collectivités territoriales et, de l’autre coté, la promesse d’un acte III de la décentralisation. Le premier s’appuie sur des textes votés – incomplets sans doute, imparfaits sûrement, mais tangibles –, le second sur la séduction d’une virtualité.
 
En ce qui concerne plus précisément la Normandie, il convient de savoir si les candidats à la présidence de la République considèrent que le projet Grand Paris – Axe Seine – Paris la Mer – Grand Estuaire normand (cette quadruple dénomination constituant un tout) est ou non d’envergure nationale. En cas de réponse positive, quels engagements prendront chacun des candidats. Et qu’on excuse notre prétention, nous voulons des réponses précises (phasage, propositions de financements, gouvernance du projet, etc.). La question de la Ligne Nouvelle Paris – Normandie est un aspect – rien qu’un aspect – du problème global d’aménagement du territoire intéressant la Normandie et la Région Capitale.
Pour l’instant, nous connaissons « l’ambition pharaonique » de M. Sarkozy (le mot est de lui). Nous ignorons la vraie réponse de ses éventuels adversaires. Certes, le premier n’est pas très disert sur les moyens qu’il entend déployer pour réaliser le projet (peut-être en saurons-nous davantage au début de l’année 2012), mais les autres ne se prononcent pas clairement.
Nous avons déjà interrogé l’un d’eux (nous tairons son nom pour l’instant) et la réponse aimable, mais peu explicite, qui nous a été faite, ne nous satisfait pas : nous allons le relancer car, vraisemblablement, il ne connaissait pas « notre » règle du jeu. Nous interrogerons tous les autres et ferons connaître leurs réponses. Nos lecteurs, alors, choisirons leur candidat en fonction de la pertinence et de la crédibilité de ces réponses. Bien évidemment, la question de la réunification de la Normandie s’invite dans ce débat et contribuera à une évaluation de la crédibilité des réponses, non pas comme préalable, mais comme aboutissement d’un projet global normand d’aménagement de notre territoire (autre point du programme du Mouvement Normand).
 
Nous ne donnerons pas de consignes de vote : ce n’est pas notre rôle. Cela, aussi, fait partie de notre règle du jeu.
 
Guillaume LENOIR
 

Rédaction TVNC