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Le début des grandes manœuvres…

Vendredi 30 Septembre 2016

Communiqué n°244 - Semaine 40


    Sauf à vouloir devenir un adepte des théories fumeuses du célèbre et sinistre Dr Goebbels, selon lequel « un mensonge répété maintes fois finit par devenir une vérité », il serait temps que l’ancien président de l’ex-haute Normandie changeât son logiciel de principal opposant à la majorité du Conseil régional de Normandie. M. Nicolas Mayer-Rossignol, après avoir menti par omission au cours de la campagne des élections régionales, profère maintenant des contre-vérités lors d’une « bataille politique autour du rail » (cf. Paris-Normandie du 26 septembre dernier). Ce n’est que le début des grandes manœuvres qui annoncent la grande année électorale de 2017, avec l’élection-reine du futur Président de la République et, corollaire, les élections législatives qui s’ensuivront. Les sortants, notamment, cherchent à se placer en faisant état d’un activisme, hélas, dérisoire, les impétrants, quant à eux, se haussent du col en prenant des positions aussi avantageuses que vaines… On connaît l’adage : « Les promesses n’ont de valeur que pour ceux qui les écoutent »

    Sans doute est-ce dans ce registre qu’il faut, une nouvelle fois, relever la hargne mensongère de Nicolas Mayer - Rossignol voulant à tout prix accabler l’actuel Président de la Région de l’accusation sans fondement de torpillage de la fuligineuse Ligne Nouvelle Paris-Normandie.

    « Fuligineuse », disons-nous, car M. Mayer-Rossignol ne parviendra jamais à cacher que, depuis 2012, le Gouvernement qu’il a soutenu a tout fait pour renvoyer à une ou plusieurs décennies la réalisation de la L.N.P.N..

    Peut-il nier que les études préliminaires à ce grand chantier ont été démesurément allongées ? Quand seront-elles terminées ? Pourquoi a-t-on gagné du temps ?

    Peut-il nier que la raison principale réside dans le choix gouvernemental de privilégier d’autres infrastructures ? Faut-il les énoncer ? T.G.V. Laval-Rennes, liaison Lyon-Turin, T.G.V. Sud-Ouest, achèvement de Paris-Strasbourg, etc.  Ces choix peuvent se justifier, mais reléguer le plan ferroviaire normand en dernier ressort démontre que les Gouvernements Ayrault et Valls ont, en fait, fait l’impasse sur une politique maritime française qui supposait que l’on mît les ports de la Basse Seine en liaison ferroviaire de fret performante avec l’hinterland. Au lieu de cela, outre l’abandon d’une véritable ambition ferroviaire en vallée de la Seine, les autorités gouvernementales ont privilégié la réalisation du Canal Seine – Nord – Europe, au bénéfice des ports belges et néerlandais.

    Et cela, M. Mayer-Rossignol l’a approuvé en acceptant le tristement fameux « Schéma stratégique de la Vallée de la Seine », concocté par le Premier ministre, Manuel Valls, qui, par l’intermédiaire de son haut fonctionnaire de service, le Préfet Philizot, a dépossédé les deux ex-présidents des demi-régions de Normandie de la gouvernance du développement de l’Axe Seine

    M. Mayer-Rossignol a accepté cela, et derrière cela, le fait que l’ensemble de la Baie de Seine ne paraît pas avoir retenu les prévenances des sbires du sieur Philizot, le fait, aussi, que le département de l’Orne soit totalement exclu de cette vision fragmentée du développement de la Normandie à partir de la Vallée de la Seine, épine dorsale de toutes les potentialités normandes.

    Non, M. Mayer-Rossignol, vous n’avez pas le droit de vouloir donner des leçons en MENTANT sur la réalité de vos abandons !

    Le fond de la question réside d’ailleurs dans le fait que l’Etat – impécunieux comme toujours – n’a pas les moyens financiers de répondre aux besoins des uns et des autres et qu’il fait des contorsions pour satisfaire celui-là, lanterner tel autre, décourager le reste. Où sont les financements à prévoir pour la L.N.P.N. ? Pour les aménagements de la voie fluviale de la Seine ? Pour le contournement Est de Rouen ? Et même pour la portion de ligne Serqueux-Gisors ?

    Le quinquennat de M. Hollande aura été en ce domaine calamiteux et cela, M. Mayer-Rossignol cherche à le masquer en faisant de la surenchère dans une revendication sachant fort bien qu’elle ne peut présentement être satisfaite.

    Pourquoi tous ces mensonges, toutes ces cachotteries, toutes ces véhémences ? M. Mayer-Rossignol chercherait-il une circonscription pour se présenter à la députation et, dans ce but, ferait -il montre d’un activisme destiné à épater la galerie ?

    Laissons Mayer-Rossignol à ses gamineries de jeune loup aux dents longues et penchons-nous davantage sur la situation précaire de nos ports, véritables poumons de l’activité économique normande.

    Coup sur coup, nous relevons trois articles significatifs de l’inquiétude que l’on doit avoir pour l’avenir des ports de la Basse Seine…

  • « Haropa en quête de compétitivité », titre Paris-Normandie en date du 20 septembre. « Les ports du Havre, de Rouen et de Paris affichent des résultats contrastés, avec une baisse de 1,9 % des trafics »… D’où la nécessité de mieux jouer groupés, disent les opérateurs…
  • « Trois ports à l’offensive » (Paris-Normandie, 22 septembre).  « Devenir plus compétitifs », psalmodient les dirigeants d’Haropa… qui déplorent que « 80% des flux venant d’Ile-de-France transitent par Anvers ». Il est question, paraît-il, « de définir un modèle d’interaction entre SNCF – Réseau, les trois ports, les opérateurs ferroviaires et les chargeurs pour favoriser et garantir la qualité des sillons, la qualité des accès aux terminaux également », et d’insister sur la nécessité de la liaison Serqueux-Gisors… Cela fait combien d’années que nous entendons cette chanson, M. Mayer-Rossignol, vous qui fûtes aux affaires ?
  • «  L’Axe Seine peine à résister » (Le Marin, 23 septembre). Haropa Ports de Paris Seine Normande (au passage, il faut apprécier cette nouvelle dénomination de l’alliance des trois ports, que l’on nous disait équilibrée et qui, désormais, ne cache plus l’ambition de Paris de chapeauter l’ensemble…) a présenté le 19 septembre « un bilan, après sept mois en demi-teinte, qui risque fort de s’assombrir en fin d’année. Les résultats sont contrastés selon les filières » (Régine Bréhier, directrice de Ports de Paris). Et d’invoquer les mouvements sociaux, la chute des importations de pétrole et la crainte d’une dégringolade du trafic céréalier du Port de Rouen, conséquence de la récolte désastreuse de cette année. Tout cela est vrai et inquiétant, mais quand donc les responsables – et, présentement, ce sont les hommes et les femmes du pouvoir actuel – reconnaîtront-ils honnêtement que le marasme – osons le mot ! – de nos ports a des causes structurelles et non pas conjoncturelles ?

    Et ces causes structurelles se résument finalement en l’absence d’une vraie politique maritime de l’Etat français, notamment depuis 2012 puisque M. Hollande en a fait l’impasse. Cela s’est traduit pour nous, Normands, par la déshérence du fret ferroviaire à destination ou en provenance des ports de la Basse Seine, le choix contestable de la réalisation du Canal Seine – Nord – Europe, un insuffisant assouplissement de la gouvernance des Grands Ports Maritimes, toujours sous la tutelle des hauts techniciens de l’Etat (l’exemple malencontreux de la plate-forme multimodale du Havre est à inscrire à leur débit).

    Tout cela, M. Mayer-Rossignol ne peut l’ignorer et encore moins le cacher. Ses invectives intempestives sont tellement dérisoires et contre-productives que les thuriféraires du Pouvoir multiplient diverses manœuvres pour faire accroire, toujours dans le contexte des prochaines élections présidentielles et législatives, qu’ils déploient une activité débordante au service de la cause des ports normands… Enfin, c’est ce qu’ils veulent faire croire !

    C’est ainsi qu’il fallait apprécier en juillet dernier la publication du rapport Fourneyron/Revêt sur « l’attractivité des ports maritimes de l’Axe Seine ». Rapport intéressant, au diagnostic précis, avec des préconisations judicieuses… mais « énième » rapport quasiment au même contenu en comparaison avec les autres déjà parus et dont nous sommes accoutumés de lire les mêmes conclusions depuis des décennies. On peut se demander d’ailleurs pourquoi le Sénateur de droite, Charles Revêt, a apporté sa caution à cette opération destinée tout d’abord à mettre en valeur Madame Valérie Fourneyron, députée sortante du P.S. et qui aspire à sa réélection. Il fallait sans doute montrer que l’ancienne Ministre, députée de Rouen, s’occupait du devenir de nos ports… Pourtant, ce rapport – que nous ne critiquons pas en tant que tel, entendons-nous bien – a un défaut essentiel : aucune perspective de financement pour remédier aux problèmes clairement énoncés. Un rapport pour rien ? Comme les autres qui l’ont précédé ?

    Nous ne nous arrêterons pas sur les nombreux « comités de pilotage » et autres « comités de suivi », aussitôt mis en place qu’oubliés dans la foulée et nous nous apprêtons, le 6 octobre prochain, à assister à un énième Colloque, cette fois, sur le devenir du fluvial, en la Mairie de Rouen, avec, en vedette… Valérie Fourneyron – of course ! – et le président de Voies Navigables de France, son compère, M. Stéphane Saint-André, maire P.S. de Béthune, qui, bien entendu, viendra nous dire tout le bien qu’il pense du projet de Canal Seine-Nord Europe, lequel pompe tous les crédits européens consacrés aux voies d’eau, les quelques disponibilités financières de l’Etat (c’est un projet pharaonique !) alors qu’il suffirait d’un dixième de cet effort financier pour réaliser la « chatière » entre Port 2000 et la Seine, au Havre, et la remise à niveau de diverses écluses sur la Seine et sur l’Oise…

    Le but d’un tel colloque est-il vraiment de trouver des solutions au désenclavement des Ports de la Basse Seine ou bien s’agit-il de faire mousser la prochaine candidature à sa propre réélection de Madame Fourneyron ? Nous nous dispenserons de répondre à cette question, laissant nos lecteurs seuls juges, sur l’instant comme sur l’avenir… C’est le début des grandes manœuvres.

 

Didier PATTE, Porte-parole et ancien président du Mouvement Normand

 

 

 

 

 

 

    


La Rédaction


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