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La Grande Illusion de la création d’emplois par les start-up

Jeudi 29 Septembre 2016

IdéesEn France, les créations de start-up sont en progression exponentielle, mais les créations d’emplois qu’elles génèrent ne sont qu’en évolution linéaire.

Tout est bon au gouvernement pour tenter de remonter dans les sondages d’opinion et pour se donner une image de dynamisme. Le malheur, c’est qu’en lisant entre les lignes, on s’aperçoit qu’il ne s’agit la plupart du temps que de rêves et de fantasmes peu fondés.

Ouvrez votre journal, suivez vos liens sur internet, allumez votre téléviseur, parcourez une revue périodique. Bref, cherchez à vous informer… À moins d’être sourd, aveugle ou illettré, vous ne pourrez manquer de trouver une rubrique ou une pleine page ou une étude détaillée sur le nouveau phénomène à la mode : l’explosion de la création de start-up et leurs conséquences dans tous les domaines, qu’il s’agisse de finances, d’innovation, d’emploi ou que sais-je. À les croire, la création de start-up est la panacée, encourageons-les et tous les problèmes de la France seront résolus…

94% de créations d’emplois sans salariés

Cependant, la réalité est parfois extrêmement loin du quotidien. Si nous nous penchons sur l’emploi, les statistiques et les études de l’OCDE, de l’INSEE, de France Digitale et d’Ernst and Young, sont assez convergentes. On y trouve que les jeunes entreprises de moins de 50 salariés représentent 12% des emplois mais 33% des créations, cependant 94% des créations se font sans aucun salarié.

Si on se limite aux start-up, on constate qu’il se crée plus de 1.000 entreprises par jour dans le monde et probablement moins de 3.000 par an en France. En France, les créations de start-up sont en progression exponentielle, mais les créations d’emplois qu’elles génèrent ne sont qu’en évolution linéaire.

En France, on sait que 37% des jeunes de plus de 18 ans envisagent de créer leur entreprise mais que moins de 15% passent à l’acte, tous secteurs confondus. La plupart du temps, les start-up utilisent les services de stagiaires peu ou pas payés. Quand elles font des offres d’emploi, cela concerne essentiellement quelques diplômés de formation supérieure dans les secteurs technologiques, marketing et commerciaux.

Taux de survie très faible des entreprises

Ces offres sont très souvent en CDD et quelquefois en CDI. Malheureusement le taux de survie de ces entreprises est très limité et il est patent que 90% des créations débouchent sur des échecs qui remettent sur le marché les collaborateurs qui se sont laissés séduire par des projets irréalistes.

Il est absolument indispensable de permettre à toutes ces start-up d’arriver à un taux de succès bien supérieur. Cela sous-entend un financement adéquat et un accompagnement systématique. Or, les financements initiaux sont largement insuffisants car ils ne reposent que sur les business angels dont les moyens sont limités par une fiscalité exubérante, en particulier une taxation systématique des plus-values éventuelles à des taux prohibitifs. L’accès aux financements par les fonds d’investissements est inaccessible car les dits fonds ont des exigences de volume d’affaires et de rentabilité incompatibles avec ceux de ces entreprises en phase de démarrage.

L’arbre qui cache la forêt

Les quelques rares succès dont se gargarisent les médias sont les arbres qui cachent la forêt. Chaque jour, on nous parle de levées de fonds de plusieurs millions d’euros mais cela ne concerne in fine que moins de 50 entreprises ayant au demeurant déjà plusieurs années d’existence.

Personne ne se penche sur le sort de ces milliers de start-up qui n’arrivent pas à décoller faute de trouver les quelques dizaines de milliers d’euros indispensables à assurer leur survie. Un des plus importants réseaux de business angels n’arrive à en financer qu’une trentaine par an dont moins de cinq réussissent à trouver des fonds pour un second ou un troisième tour.

Soyons lucides, il ne suffit pas de créer à tour de bras des pépinières et des incubateurs pour permettre un vrai décollage de ces start-up, car l’accompagnement sans le carburant ne peut que générer une perte de vitesse et un crash sans espoir de reprise.

Texte d'Emploi 2017 est un groupe de réflexions et d'analyses économiques animé par Bernard Zimmern, qui vise à relancer la création d'emplois en France.



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